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Parole d'Élu

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6 novembre 2020,

Agriculture biologique : éviter sa banalisation…

Dans le débat actuel autour de la transition agricole, l’agriculture biologique est souvent citée parmi les solutions à encourager. Militante à ses débuts, l’agriculture biologique connait dorénavant un essor spectaculaire (voir dossier de l'Espace Alpin dub 6 novembre 2020).
Aujourd’hui, facteur de différenciation commerciale, les producteurs, qu’ils soient viticulteurs, arboriculteurs, céréaliers ou éleveurs n’hésitent plus à se lancer dans une démarche de conversion.

Côté consommation, l’appétit grandissant des consommateurs français pour le bio ne se dément pas. La vente en grande distribution se renforce nettement. Elle enregistre désormais 49 % des achats de produits bio des ménages.

Si cette envolée du bio français permet de contenir les importations, on peut, je crois, légitimement s’interroger sur les répercussions de cette massification.
Il ne faudrait pas, demain, que la démocratisation de la bio rime avec intensification de la production et son corollaire de difficultés : approvisionnement, débouchés…
Le développement de l’agriculture biologique doit demeurer générateur de rentabilité et créateur de valeur. Il faut, pour cela, éviter à tout prix sa banalisation.
Nombreux sont les producteurs qui se sont lancés dans la bio pour cultiver des productions à valeur ajoutée certaine, dans des terrains ingrats qui s’accommodent mal de pratiques ou de cultures destinées au marché « conventionnel ».

Pour y parvenir, les acteurs de l’agriculture biologique doivent, sans tarder, s’investir fortement dans le développement de la recherche et la structuration des filières bio afin de produire des solutions techniques et des repères technico-économiques permettant d’encourager des installations pérennes, familiales et l’adaptation des exploitations bio à ce contexte nouveau.

Sandrine Faucou,
membre du bureau de la Chambre d’agriculture 04