Parole d'Élu

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Mauvais temps…

8 juin 2018,

Intempéries, réforme de la PAC, annonce de nouveaux contrôles administratifs, le mauvais temps n’épargne pas l’agriculture bas alpine.
Aux intempéries de ces dernières semaines dont la grêle a détruit les récoltes dans certains secteurs du département, il faut dorénavant ajouter la permanence d’un temps pluvieux qui retarde la fenaison et favorise le développement des maladies fongiques. Cette météo maussade a malheureusement aussi, un impact direct sur la consommation des ménages et la commercialisation des productions de fruits et légumes de saison qui ne trouvent pas preneur à un prix rémunérateur.

Concomitamment, la météo s’obscurcit du côté de Bruxelles. La Commission européenne vient d’adopter les premières propositions législatives relatives à la réforme de la PAC de 2020. Après avoir annoncé une diminution du budget « cause de Brexit », les commissaires des Etats membres ont présenté de nouvelles dispositions relatives au plafonnement et à la dégressivité des aides ainsi que des contraintes supplémentaires au titre de l’environnement dans le cadre d’un éco-dispositif dont les contraintes seront décidées par chaque Etat membre. Une fois de plus, la commission est absente du rendez-vous qu’elle avait donné aux agriculteurs. En ne tenant pas compte des mises en garde de la profession agricole pour garantir un bon fonctionnement des marchés intérieurs, corriger les distorsions de concurrence et donner les moyens à l’agriculture européenne de renforcer sa compétitivité, elle ne répond pas aux attentes économiques et sociétales à relever. La balle est désormais dans le camp du conseil et entre les mains des députés pour éviter une renationalisation de la première politique européenne.

Le ciel n’est pas plus clément sur Paris avec l’annonce par le ministre de l’Agriculture d’un nouveau cycle de visites rapides dès cet été. Présenté pour soi-disant « sécuriser la PAC des éleveurs qui déclarent des surfaces en herbe avec un prorata 50/80 », il s’agit bien après plusieurs échanges avec l’administration, de contrôles pour diminuer la superficie totale admissible déclarée au titre des prairies et pâturages permanents. Avec plus de 40 millions d’euros de refus d’apurement, le ministère de l’Agriculture durcit les règles et veut faire payer l’addition aux éleveurs.
Vivement le retour du beau temps…

Olivier Pascal,
membre du bureau de la CA 04