Vous êtes ici : Accueil > Les Actualités proches de vous > 7e congrès Association des maires de France 05 : une motion et de vives réactions sur la prédation

7e congrès Association des maires de France 05 : une motion et de vives réactions sur la prédation

Accéder aux flux rss de notre siteImprimer la page

Le 7e congrès s’est tenu le 27 septembre au Quattro à Gap. Plus de cinquante exposants ont tenu salon, dont la Chambre d’agriculture des Hautes-Alpes

Le congrès annuel des maires invite les élus du territoire à se retrouver et échanger sur l’exercice du mandat de maire et sur l’actualité des collectivités. Ce 27 septembre à Gap, le salon adossé à cette journée de débats a réuni plus de 50 exposants, l’opportunité pour les forces vives du département de rencontrer les premiers magistrats  et leur présenter leurs projets d’accompagnement. La chambre d’agriculture a tenu salon pour mettre en lumière son offre de services, notamment en matière d’expertise foncière. Sous sa conduite, les diagnostics agricoles réalisés ou en cours recouvrent à ce jour un tiers du territoire départemental. Ce temps relationnel est l’occasion de sensibiliser les élus sur les outils d’investigation foncière qu’elle propose comme moyen de contribution à l’élaboration de leurs documents d’urbanisme.

L’assemblée générale de l’association des maires des Hautes-Alpes s’est réunie sous la  présidence de Michel Arnaud, maire de Tallard, qui a rappelé la mission première de l’AMF : le soutien juridique aux collectivités. Le rapport d’activité a fait état  des moments forts de l’année et des journées d’information dont une conférence sur la maîtrise foncière à laquelle ont participé 60 personnes et une rencontre en préfecture dans le cadre du plan loup, en février.

Ce dernier sujet a fait l’objet d’une des trois motions adoptées à l’unanimité, qui seront adressées au premier ministre, aux ministres de l’écologie et de l’agriculture. Les deux autres textes soumis à l’approbation de l’assemblée, ont porté sur la gestion de l’eau et le service de proximité des finances publiques.  

Jean-Claude Catelan, maire de La Chapelle-en-Valgaudémar, a fait lecture de la motion sur la prédation qui décrit la situation intenable que subissent les éleveurs et dénonce un dispositif de protection discriminatoire en cœur de parc. La motion met en évidence des moyens de défense qui dans leur globalité sont insuffisants, inefficaces et particulièrement inadaptés aux petites unités du pastoralisme de montagne. Le texte en appelle à l’urgence pour sauver une économie pastorale gravement mise en péril par une prédation  qui ajoute aux difficultés de la profession. L’alerte porte aussi sur les conséquences en cascade que provoquerait la perte de l’activité d’élevage, indissociable de la qualité environnementale et paysagère, de la prévention des risques naturels, de la biodiversité d’altitude, et de fait, de l’attractivité touristique.

« Que l’Etat soit propriétaire des chiens de protection… »

Cette motion a provoqué de vives réactions dans l’assemblée. Les maires ont exprimé leur colère et leur exaspération. « Nous avons encore vécu ces derniers jours des situations dramatiques dans la vallée du Champsaur » s’est insurgé Gérald Martinez. « La situation n’est pas tenable dans les alpages et les éleveurs se voient obligés de commander des herbes en Bretagne, transportées par camions. Un comble pour des animaux élevés en liberté !  La motion devrait aussi être communiquée à l’ADEME », a préconisé le maire de Saint-Léger-les-Mélèzes.

Maire de Forest-Saint-Julien, Fabrice Borel est intervenu sur la question des chiens de protection. « Ces chiens sont payés par l’Etat et ce sont les éleveurs qui se retrouvent devant les tribunaux.  Les chiens sont incontrôlables dans leur mission de protection. Que l’Etat en soit propriétaire et qu’il comparaisse lui-même ! Que ferait dans ce cas le procureur de la République ? »

Pierre Vollaire, est intervenu au nom d’une activité pastorale qui représente « un poumon économique très important. Nous en sommes quasiment à baisser les bras, si ce n’est la détermination à soutenir les agriculteurs » a alerté le maire des Orres.

Quel avenir pour les zones rurales très reculées ?

Frédéric Robert a dénoncé les commentaires haineux et menaçants qui peuvent se lire sur les réseaux sociaux, en guise de « réponse à la nécessité de protéger les troupeaux. ». Le maire de Monêtier-Allemont s’inquiète par ailleurs pour l’avenir « des zones rurales très reculées où résident souvent les éleveurs. »  Pour ces très petites communes, il craint que la compétence de l’urbanisme transférée aux intercommunalités ne se traduise par la désaffection des moyens, entre autres nécessaires aux adductions d’eau.

Philippe Biais, maire de Vitrolles, a présenté une motion  qui demande une modification de la loi NoTRE, afin de ne pas rendre obligatoire le transfert de la compétence « eau potable » aux intercommunalités, de laisser la liberté de choix, la possibilité pour les communes de  garder la main sur « ce bien vital », pour l’assurance d’« une eau de qualité et à un prix abordable », d’une gestion publique « sans recherche de profits ».

La motion relative aux finances publiques exposée par Jean-Marc Duprat s’oppose à l’éloignement de service par la suppression de perceptions. Pour le maire de Laragne-Montéglin,  la perte du service spécialisé que ne comblera pas la Maison de service au public,  participerait à la désertification des territoires haut-alpins, en plus de se traduire par un désengagement de l’administration qui viendrait alourdir la charge de la collectivité. « S’en sera fini du comptable du Trésor public, les communes auront affaire à des experts, à leur charge ».

Article paru dans l'Espace Alpin

Légende photo de gauche à droite : Daniel Aubin Maire de Rochebrune, Florence Guirado Chargée de mission SIG Chambre d’agriculture 05, Eric Lions Président Chambre d’agriculture 05, Laurence Guichon Directrice générale Chambre d’agriculture 05, Sébastien Bellue Chef de Service Agricuture à l’ADDET 05 et Jean-Marie Digue Directeur de la SAFER 05