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Agneau de Sisteron : « chaque éleveur qui dessaisonne doit être considéré comme un VIP ! »

L’assemblée générale de l’association César a été l’occasion de rappeler les enjeux que représentent pour la filière la dessaisonnalisation de la production d’agneaux afin que celle-ci soit en phase avec les périodes de l’année où la demande est la plus forte.

«Plus que jamais, l’Agneau de Sisteron à la cote. La qualité et la notoriété de notre produit est mise en avant régulièrement ! Ce succès nous le devons au travail et à l’implication de tous ! Nous pouvons et nous devons être fiers de notre travail, de notre produit », a lancé le président de l’association César Guillaume Garcin lors de l’assemblée générale le 22 juin.
Un enthousiasme néanmoins tempéré, car « dans un contexte de baisse de la consommation de viande d’une part, et de concurrence des marchés et des filières d’autre part, l’équilibre est fragile ». Il est vrai que l’organisme de défense et de gestion (ODG) du Label rouge Agneau de Sisteron et de la marque Pâtur’Alp (lire ci-après) a connu des périodes plus fastes. Avec 245 éleveurs adhérents inégalement répartis sur les Alpes de Haute-Provence, les Hautes-Alpes, les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse et la Drôme (141 éleveurs sont situés dans les Hautes-Alpes et 61 éleveurs dans les AHP), l’association voit son nombre d’adhérents poursuivre une diminution entamée il y a maintenant une douzaine d’années.
Le nombre de brebis semble en revanche s’être à peu près stabilisé autour de 121 000 têtes, tout comme le nombre d’agneaux labellisés, qui n’a cessé d’augmenter jusqu’à se stabiliser autour de 51 000 il y a trois ans (50 866 agneaux ont été labellisés en 2017).

Un nombre de points de vente en augmentation

Élément en revanche très positif : le nombre de points de vente ne cesse de progresser. « On a, au 1er janvier 2017, 208 points de vente et 220 au 31 décembre, avec 8 arrêts et 28 habilitations ! La part croissante des GMS se confirme », se félicite l’association. On compte en effet 108 boucheries et 112 magasins, essentiellement concentrés dans le quart sud-est de la métropole, mais également présents dans les Hauts-de-France, le Grand-Est, la Normandie, le Centre- Val de Loire et, surtout, l’Île de France. Par ailleurs, note l’association, « fin 2017, un grossiste ainsi que quatre magasins ont été habilités sur l’ile de la Réunion ! » Etrange paradoxe, les points de vente ont en revanche réduit les volumes commercialisés. « Pour la seconde année consécutive, le nombre de label vendu baisse ! Passant de 41 048 à 39 318, alors que le nombre de point de vente augmente… Moins de consommations ? Mauvaise répartition des apports ? Autre ? Des questions se posent », s’interroge l’association. Il est également vrai que les ventes sont tributaires de périodes clé comme Pâques et la période allant du 15 août au 15 novembre, représentant des « enjeux majeurs pour la filière ». « L’équilibre reste fragile à ces moments et repose sur peu d’éleveurs. Un éleveur qui arrête sa production à ces périodes provoque un déséquilibre important. Chaque agneau produit à ces périodes est un agneau important. Il est donc primordial qu’ils soient valorisés au mieux, et que les éleveurs puissent installer dans la durée leur système de production avec une certaine sécurité et lisibilité sur le moyen terme », commente l’association. Autrement dit, conclura Guillaume Garcin, « chaque éleveur qui dessaisonne doit être considéré comme un éleveur VIP ! »

Pâtur’Alp : vers une meilleure structuration de la filière

L’année 2017 a été une année de restructuration pour la marque Pâtur’Alp déposée il y a 15 ans par l’association César. Différents travaux ont été enclenchés - et sont poursuivis en 2018 - sur le cahier des charges, sur le suivi des abattages, ainsi que sur la PLV. Objectif : mieux structurer la filière.

Pour l’heure, deux organisations de producteurs sont engagées dans la démarche : l’Association et la Coopérative des éleveurs bovins du 04 et du 05, et 93 producteurs ont livré Pâtur’Alp au cours de l’année 2017, pour un nombre global de ventes en légère augmentation (523 au lieu 517 en 2016, dont 345 génisses et 178 vaches de race charolaise, limousine ou croisées). « Les ventes de génisses représentent la majorité de la viande Pâtur’Alp commercialisée en boucherie et en supermarché. Elles sont appréciées des bouchers traditionnels et sont à la base du marché de Pâtur’Alp, leur production doit être développée, car c’est par elles que le produit se développera », analyse l’association.

Les points de vente sont essentiellement situés sur les deux départements de production de Pâtur’Alp. La marque est présente en boucherie artisanale et en supermarché dans 15 points de vente : un dans les Alpes de Haute Provence, un dans la Drôme, un dans le Vaucluse et douze dans les Hautes- Alpes. « Pâtur'Alp, en proposant la garantie d’une production locale, possède l’atout de la réussite », estime le président Guillaume Garcin qui, lors de l’assemblée générale, a pointé la nécessité de « trouver les leviers du développement pour cette démarche, en réussissant à combiner les intérêts des éleveurs et ceux de l'aval ».

St.M.C.