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Automatisation : Martelières nouvelle génération en vue

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Le pilotage de l’irrigation constitue un enjeu stratégique pour les exploitants de la Crau. À l’initiative de la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône, de nouvelles solutions à bas coûts pour l’automatisation des martelières et la gestion des canaux sont envisagées.

Dans les terres peu profondes et caillouteuses de la Crau, la principale production possible est la prairie permanente irriguée. Elle occupe encore 14.000 hectares du territoire. Par son action sur le terrain, la Chambre d’agriculture cherche de nouvelles solutions pour aider les agriculteurs de cette zone fragile à élaborer une gestion de l'eau moderne, à la hauteur des enjeux climatiques de demain. Comme l’explique Lauriane Morel, conseillère irrigation de la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône, un projet de développement des martelières automatiques est conduit par la Chambre d’agriculture et la fédération des Associations syndicales autorisées (ASA) Paca, afin d’optimiser la gestion quantitative de l’irrigation. Pour les exploitants de la Crau, l’innovation dans ce domaine doit permettre d’économiser la ressource, mais aussi du temps et de la main-d’œuvre.
Recensement des équipements
Un état des lieux des équipements installés chez les agriculteurs et les adhérents du comité du Foin de Crau a d’abord été réalisé. Les différents types de martelières ont été recensés, afin d’évaluer les avantages et les inconvénients de chacune d’entre elles. L’objectif est de proposer des solutions à faible coût et opérationnelles sur le terrain. À la suite de ce travail, des fiches synthétiques présentant les différentes caractéristiques de chaque type de martelières, listant leurs avantages et inconvénients, ainsi que des contacts de constructeurs prêts à leur livrer un système clé en main, ont pu être produits et diffusés.
Un questionnaire d’enquête a permis de cibler les agriculteurs déjà équipés, ainsi que ceux intéressés par l’innovation technique sur l’automatisation. De nombreux ouvrages ont été recensés, certains systèmes sont très anciens, et il apparaît notamment que 50 % des utilisateurs de martelières automatiques sont équipés d’un dispositif à ouverture mécanique commandé par réveil.
Ces dernières années, certains irrigants ont néanmoins réfléchi à la problématique de l’automatisation des martelières et l’on observe aussi de nouvelles réalisations avec, par exemple, des dispositifs à fermeture mécanique, commandé par aimant, ou encore des systèmes à ouverture et fermeture motorisée, alimentés par panneau solaire.
L’année dernière, la société Visio-Green- société qui développe notamment des solutions connectées pour les grandes cultures - a été approchée pour faire de l’expérimentation sur la Crau, et proposer des solutions fiables aux exploitants. L’entreprise travaille sur les dernières technologies de réseau et de cloud computing pour offrir des solutions connectées. Après des premiers travaux chez un exploitant, un prototype de deux sondes de températures de détection de la lame d’eau dans la parcelle a été testé, puis amélioré en cours d’année.

Un capteur de détection d’inondation
“Il s’agit d’un détecteur disposé en bout de parcelle qui permet de détecter la lame d’eau. Le matériel peut être utilisé seul, pour une commande manuelle, ou couplé à une martelière automatique. L'information est alors transmise, en bas débit, vers le smartphone puisque le détecteur envoie un sms à l’agriculteur quand l’eau arrive en bout de parcelle”, détaille Lauriane Morel.
Le dispositif est autonome, étanche et simple à mettre en œuvre. Le capteur, fixé sur un trépied pliable (léger et résistant au vent), est aussi pratique à déplacer. Le détecteur de lame d’eau est à présent proposé à 260 € TTC, avec un abonnement annuel au réseau bas débit de 25 €.
L’intérêt du dispositif est qu’il peut être couplé à une martelière automatique. La société a travaillé sur une solution qui s’adapte à tous les systèmes de martelières existants, mais elle a conçu un dispositif qui fonctionne avec un moteur de portail à crémaillère et utilise une batterie, avec recharge solaire. La fermeture et l’ouverture automatique de la martelière sont ainsi commandées par le détecteur. Le dispositif global – qui comprend le système de pilotage avec le détecteur – est proposé à 450 €, auquel s’ajoute l’abonnement pour l’application et les coûts de communications.

Pour surveiller aussi la hauteur d’eau
Avec ces nouvelles solutions envisageables à l’échelle de l’exploitation, la Chambre d’agriculture a aussi réfléchi aux canaux d’irrigation principaux et aux solutions envisageables en matière de capteur de hauteur d’eau. L’entreprise Visio-Green a donc planché sur un système de mesure à infrarouge de la distance entre la tête du capteur et l’eau. Il est proposé à 120 €, auquel s’ajoute l’abonnement annuel de 30 €.
Ces solutions - qui ont commencé à être testée et améliorées depuis l’an dernier - ne fonctionnent pas sur le réseau 3G, mais sur le réseau bas débit LoraWan. Bien sûr, ces innovations techniques sur l’automatisation des martelières en irrigation gravitaire, si elles s’adressent d’abord aux irrigants de la Crau, visent bien d’autres usages. Un certain nombre d’organismes ont d’ores et déjà manifesté leur intérêt. L’agriculteur qui a testé le prototype l’an dernier en Crau va être équipé, cette année, des matériels aboutis sur la saison entière. Des tests avec les capteurs en bout de parcelle sur les canaux principaux vont aussi être conduits. Et à l’échelle de la région, la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône continue de recenser les besoins en équipement des agriculteurs sur ces technologies, l’objectif étant d’optimiser la gestion quantitative de l’eau sur les exploitations. 

Votre contact : Lauriane Morel, conseillère spécialisée en gestion de l’eau
tél. : 04 42 23 86 28,
l.morel@remove-this.bouches-du-rhone.chambagri.fr

Source : Agriculteur Provençal du 28 juin 2019 - Auteur : Emmanuel DELARUE

 

En Crau, 14 500 hectares de foin de Crau sont arrosés en gravitaire,

grâce à l’eau de la Durance.