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Chambre d’agriculture 13 : Une dernière session passionnée 

Claude Rossignol présidait, lundi 26 novembre, sa dernière session à la tête de la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône


Il a profité de cette occasion, avant le vote du budget et la tenue d’une table ronde sur l’agriculture irriguée dans le département, pour prononcer un discours offensif sur l’actualité agricole.


L’ultime session de l’année de la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône était aussi la dernière de la mandature de Claude Rossignol, qui ne se représentera pas pour un nouveau mandat en 2019, en raison de la limite d’âge. Une contrainte légale, qui s’applique également à la Chambre régionale d’agriculture Paca, qu’il préside aussi. Après une minute de silence en hommage à Gérard Villardach, décédé le mois dernier, Claude Rossignol a prononcé le discours de conclusion de son mandat sur un ton offensif, résumant les combats menés durant six ans à la tête de l’institution départementale. Dès le début, le ton était donné : “Jamais mandature n’a été aussi déstabilisante pour notre réseau ! Jamais, celui-ci n’a été autant mis à mal ! Jamais, il n’a eu à se remettre autant en question, dans son organisation, dans son financement !”, a tonné le président de la Chambre, avant d’axer son propos sur les questions foncières : “De plus en plus de maires viennent désormais vers nous, en amont de la mise en œuvre de projets locaux. Quant à ceux qui ne nous ont pas entendus, nous avons répondu par du contentieux. Aucune compromission au sein de cette assemblée !”

Une disparition programmée du foncier agricole
Tout en reconnaissant “quelques signaux positifs” de la part de la préfecture, dont le secrétaire général adjoint siégeait à ses côtés, Claude Rossignol s’est alarmé de la disparition programmée du foncier agricole : “A dire d’experts, plus de 1 000 hectares de surfaces agricoles sont encore perdus chaque année dans le département. L'artificialisation des terres agricoles repart de plus belle partout dans notre pays, où près de 60 000 hectares ont été captés l’an dernier par les aménageurs ! La Chambre, avec ses partenaires du syndicalisme, 
dénonce cet accaparement du foncier qui met en danger l’installation de nos jeu­nes !”. 
Le second coup de griffe du président visait la gestion de l’eau et les “restrictions appliquées à la profession agricole”. Sur ce thème, abor­dé ensuite lors d’une table-ronde, avant la présentation du budget, Claude Rossignol a alterné satisfecit et uppercuts : “Dans ce domaine, techniciens et élus s’emploient à limiter l’impact des restrictions sur la profession agricole. Ils participent à la gouvernance de l’eau en Durance, afin de garantir l’accès à la ressource pour les canaux d’irrigation, à la concertation relative aux Plans de prévention du risque inondation (PPRI), à celle portant sur la cartographie des cours d’eau, dont nous attendons impatiemment la restitution qui va nous être faite par l’Etat. Nous avons fait un énorme travail aux côtés des producteurs dans les différents bassins. Nous espérons donc que concertation véritable il y aura… “. 

Une réduction intolérable des moyens
Il a ensuite fait mine de s’étonner que “la France ne stocke pas 3 % de l’eau de pluie, quand l’Espagne ou le Portugal dépassent les 20 %. Partout en Europe, nos voisins augmentent leurs capacités de stockage et le taux d’irrigation de leurs surfaces agricoles. Quel est ce mal français ? Nous n’avons pas encore eu assez faim… ni assez soif ?”. 
Autre sujet d’agacement pour l’élu : l’accompagnement à l’installation. “C’est un marqueur de l’action de la Chambre, alors que la plupart des autres Chambres d’agriculture ont réduit leur action a minima, faute de financements”. A contrario, note Claude Rossignol, “nous avons créé Cap installation-transmission, avec nos partenaires, pour apporter encore plus de services à la centaine de porteurs de projets qui vient vers nous chaque année (…) Nous sommes peut-être les seuls en France à ne pas avoir voulu de la labellisation PAI (Point accueil installation) parce qu’elle sous-tend une réduction intolérable des moyens”. 

On insulte notre intelligence ! 
La notion de création de valeur a également déclenché les foudres du président, pour qui des “distributeurs continuent de brader les produits alimentai- res, jusqu’aux produits bio, jusqu’ici épargnés par la guerre des prix qui fait rage entre les acteurs de la grande distribution. Quand Leclerc annonce le lancement d’une nouvelle enseigne dédiée au bio, qui peut penser que c’est pour soutenir l’agriculture française ? Qui peut penser que cette lutte va épargner les producteurs ?”, s’est-il indigné. Il a ensuite fait mine de s’étonner de la disparition de l’Observatoire des prix et des marges : “L’Etat libéral, faisant fi du déséquilibre des forces en présence, mise sur la responsabilité des parties pour rééquilibrer le partage de la valeur dans la chaîne alimentaire… On insulte notre intelligence !” Retrouvant des accents de syndicaliste, il a qualifié de marketing, “la suppression de produits de traitement, alors que nous avons connu, cette année, une pression des maladies sur nos cultures comme rarement”. Claude Rossignol, s’il a largement fustigé l’Etat, a, en revanche, pris soin de souligner la coopération avec les collectivités territoriales, et en particulier le Conseil départemental 13 : “La relation de con­fiance que nous avons nouée avec le Département aura joué son rôle dans la décision de sanctuariser son budget agricole avec 10 millions d’euros annuels, alors que la main basse opérée par l’Etat sur nos réserves nous a mis et nous met encore en grande difficulté… “. 

Source : Agriculteur provençal du 30 novembre. Auteur : Julien Dukmedjian



La session en image : 
https://www.youtube.com/watch?v=BbVNTfA6c1c
 


Claude ROSSIGNOL, Président de la Chambre d’agriculture était entouré de :
Marie-Paule CHAUVET, vice Présidente de la Chambre d’agriculture -  Patrice PARADISO, Directeur général de la Chambre d'agriculture,  Nicolas DUFAUD, Secrétaire Général adjoint de la Préfecture des Bouches-du-Rhône - Jean-Pierre GROSSO, vice Président de la Chambre d’agriculture - Jean-Marc ZAVATTONI, vice Président de la Chambre d’agriculture

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Chambre d'agriculture des Bouches-du-Rhône

22 avenue Henri Pontier
13626 Aix-en-Provence Cedex 1