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Dans les vergers de pommiers et de poiriers de La Pugère, la recherche d'innovations va bon train !

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Désherbage en verger : des micro-gouttelettes pour maîtriser l’herbe

Les essais sur le désherbage à l’eau chaude, réalisés par La Pugère depuis trois ans, laissent de bons espoirs pour une adaptation de la technique en verger. Une démonstration d’une nouvelle machine de désherbage était d’ailleurs proposée, en juin dernier.

Dans les vergers de pommiers et de poiriers de La Pugère, la recherche d'innovations va bon train. Les projets sur lesquels travaille la station, et qui visent le maintien de la compétitivité des exploitations et l'adaptation des techniques de production aux contraintes environnementales, se multiplient. Avec le verger à très bas niveaux d’intrants, les pratiques agro-environnementales qui y sont développées, mais aussi l’installation d’ombrières photovoltaïques, pour réguler le climat, ou encore les essais de désherbage à l’eau chaude, la station s’efforce d’imaginer le verger de demain. Un enjeu majeur auquel La Pugère et ses équipes veulent répondre. D’ailleurs, le 2 juin dernier, il y a avait foule dans les parcelles de la station d’expérimentation de Mallemort qui invitait la profession à faire le point sur cette multitude de combinaisons techniques, évaluées grandeur nature.
Afin de transmettre aux arboriculteurs les bons outils et les solutions nécessaires face à la problématique du désherbage en verger par exemple, la station s’est engagée dans un projet de tout premier plan : le désherbage à l’eau chaude. Sur jeunes plantations, les solutions alternatives au désherbage chimique sont en effet peu nombreuses, en particulier sur les espèces fruitières à pépins. Le travail du sol demande des outils adaptés aux conditions de l’exploitation, à la culture ; mais il demande également de bonnes conditions de réalisation, et nécessite des temps de travaux plus ou moins longs. La Pugère a collaboré avec l’entreprise Oeliatec, spécialisée dans le désherbage alternatif, déjà couramment utilisé par les collectivités locales et les paysagistes, pour tester du matériel en verger.

LA VAPEUR D’EAU PAS EFFICACE
“Depuis trois ans, nous travaillons à vérifier la faisabilité technique et économique d’un matériel, mis à disposition par la société, en verger de pommier”, explique Vincent Lesniak, conseiller à la station. Après quelques tâtonnements nécessaires la première année pour adapter le matériel, les résultats sont aujourd’hui prometteurs. 
“Nous sommes partis avec un prototype non adapté pour un usage en verger. La machine produisait de la vapeur dont l’efficacité était très limitée, avec seulement un effet défanant sur les herbes. Le système de distribution et les rampes ont été améliorés. La vitesse d’application et les débits ont eux aussi été optimisés. L’outil conserve davantage le pouvoir calorifique de l’eau et, dès 2018, le dispositif a généré de bonnes efficiences sur l’ensemble du cortège de plantes.” Avec une seule application au 20 mai, les bons résultats sur graminées ont été conservés jusqu’à la fin de saison. 
L’efficacité, la rémanence et les contraintes techniques du matériel ont ensuite pu être correctement comparées à un travail chimique et un travail mécanique du sol. “Le gros avantage de la technique est qu’elle préserve la plante du risque de déchaussement, ou de blessure, par rapport à une intervention mécanique classique sur jeune verger. La gouttelette n’a pas d’impact sur l’écorce des arbres, ni sur le paillage d’ailleurs”, complète le responsable du programme pommier.

EFFICIENCE ET VITESSE AMELIOREES
En trois ans, le prototype a beaucoup évolué et permet aujourd’hui d’obtenir des bandes uniformes au sol. Des tests sur la vitesse et les débits d’application ont permis de produire des données de consommation de fuel et d’eau, ramenées à l’hectare. Par rapport aux premiers essais, les temps d’application ont été divisés par cinq. Ils sont aujourd’hui d’une à deux heures suivant la vitesse choisie. La Pugère va néanmoins continuer de travailler sur la consommation de carburant et d’eau encore trop importants (2 m3 d’eau et 70 litres de fuel par hectare). Même si la question des coûts reste à affiner, le dispositif paraît prometteur avec deux passages, pour une gestion de l’herbe qui peut s’envisager, à terme, avec l’utilisation de bâches tissées par exemple.
La désherbeuse peut être adaptée sur différents types de tracteurs, grâce à un système de tuyaux reliés à un réservoir qui les alimente en micro-gouttelettes d’eau chaude. Elle s’adapte aux contraintes de l’arboriculture et aux reliefs accidentés. Aussi, le constructeur propose aujourd’hui deux modèles avec et sans cuve, pour une utilisation sur l’avant du tracteur, qui ne fait plus appel à la prise de force mais à l’hydraulique. Oeliatec – qui a déjà adapté sa gamme pour les besoins de la viticulture – est complètement investi sur le marché agricole, très demandeur actuellement. L’entreprise travaille aussi au développement de ses désherbeuses à eau chaude pour les professionnels du maraîchage. 

Source : Agriculteur provençal. Auteur : Emmanuel Delarue