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Faire des économies en fourrage et en paille grâce au pâturage d’hiver

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Focus sur le pâturage hivernal des parcours et de méteil, pratiqué par de nombreux éleveurs ovins en zone préalpine.

En zone préalpine, le pâturage hivernal est possible à moyenne altitude (de 500 à 1000m), à condition de disposer de grandes surfaces de parcours bien exposés. Il est également important de s’assurer de la présence de zones de repos, voire d’abris au sein des parcs. Cette pratique est particulièrement adaptée à l’élevage d’ovins viande, lors des périodes à faibles besoins. Généralement, les brebis à agnelage de fin d’hiver commencent à pâturer de décembre jusqu’en janvier, à la mi-gestation où elles seront souvent rentrées et complémentées. En effet, les besoins des brebis s’avèrent ensuite trop importants et ne sont couverts qu’à 70% par les parcours (avec un chargement moyen compris entre 1,5 à 2 brebis/ha).

Les brebis vides, à agnelage d’automne prennent ensuite le relais après sevrage et peuvent passer tout le reste de l’hiver dehors. Le pâturage de parcours peut satisfaire jusqu’à 90% de leurs besoins, jusqu’à la préparation de la mise en lutte où une distribution de concentré peut s’avérer nécessaire en plus d’un affouragement. Au bout du compte, le pâturage de parcours peut permettre une économie en aliment de l’ordre de 13€  (agnelage fin d’hiver) à 16€ par brebis (agnelage d’automne).

Valoriser et entretenir des milieux difficiles

En région PACA, les parcours d’hiver sont souvent constitués de sous-bois, de buissons ou d’anciennes prairies envahies par des arbustes. Cette diversité de la végétation stimule la capacité d’ingestion des ovins, à conditions qu’ils soient habitués à consommer des aliments grossiers. Ainsi, la faible valeur nutritive de certains végétaux en hiver n’est pas un obstacle si la motivation à manger est là et que la capacité d’ingestion est accrue. Une conduite en 2 lots de mises bas, telle qu’elle est généralement pratiquée en PACA, permet une meilleure valorisation du pâturage hivernal avec un premier passage de brebis gestantes qui consommeront les espèces les plus riches et appétentes, suivi d’un passage des animaux en entretien, qui nettoieront le parcours.

Il convient d’identifier des zones où sont présentes une diversité d’espèces à fort report sur pied (capacité d’une végétation mûre à maintenir une valeur alimentaire correcte), telles le brachypode penné, les carex, l’aphyllante ou encore certains ligneux. Ces espèces sont souvent moins productives et plus lentes à produire, contrairement aux fourragères classiques comme le dactyle ou les ray grass, à faible report sur pied. Les arbres et buissons permettent, par un effet parasol, de favoriser le report sur pied en protégeant la végétation de la neige. Une gestion des parcours sur plusieurs années est nécessaire pour en assurer la diversité, la pérennité et pour maîtriser l’embroussaillement.

Le pâturage de méteil  

Le pâturage hivernal de méteil en végétation est une autre solution pour sécuriser l’alimentation hivernale surtout pour des éleveurs laitiers, ou lorsque l’exploitation ne dispose pas de grandes surfaces de parcours. Brigitte Cordier, éleveuse d’ovins laitiers à Château-Arnoux pratique le pâturage de méteil depuis 2013. Les méteils sont pour elle « une opportunité pour couvrir le sol pendant l’hiver » et par la même occasion, d’alimenter le troupeau avec un mélange appétent. Son mélange, principalement constitué par du triticale, de la vesce, et de l’avoine ou de seigle, est semé après une prairie et avant un sorgho. Il est destiné à être intégralement pâturé au fil jusqu’au printemps, avec un premier passage dès le mois de décembre, s’il a bien pris. Néanmoins, le pâturage hivernal de ce mélange est trop limité pour assurer à lui seul l’autonomie protéique de ses brebis laitières. En effet, la vesce ne doit pas être présente en trop grande proportion, car elle est moins appétente pour les brebis et peut vite s’avérer étouffante. Aussi, Mme Cordier envisage de tester d’autres légumineuses dans son méteil, tel le pois fourrager.


Pour aller plus loin : Article de Denis Gauthier (ALTER AGRI n°103)