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Filière amande : « Dans le 04, il devrait se planter entre 20 et 30 ha »

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A la veille de la Fête de l’amande d’Oraison, André Pinatel, président d’honneur de la Chambre régionale d’agriculture et président du Syndicat des amandes de Provence nous parle de l’évolution de la filière amandes.

M. le président, quoi de neuf depuis un an ?
Depuis un an, le Syndicat des amandes de Provence a été créé. C’est une structure qui permettra de parler au nom de la filière initiée par la Chambre d’agriculture régionale, le Syndicat régional constitué de producteurs et de transformateurs. Rien que des professionnels.

Et qu’en est-il aujourd’hui ?

C’est long de se mettre en route. Mon but était d’avoir des aides à la plantation. Cela concerne les plans, l’irrigation, les matériels, soit entre 10 000 et 15 000 euros pour la Région (avec la Drôme le Gard et le Languedoc). Le nom d’amandes de Provence renverra à un signe de qualité comme AOP, IGP, AOC… Les cotisations des adhérents se payent sur le produit et non sur la plantation. Aujourd’hui, la production française tourne autour de 500 tonnes par an, ce qui est notoirement insuffisant car la demande est de l’ordre de 30 000 tonnes.

A plein rendement, quelle sera la production ?
Dans les années à venir, nous l’estimons entre 4 000 et 5 000 tonnes. Je rappelle que notre plan de relance était de 250 hectares plantés par an sur cinq ans en Provence. La plus grande exploitation d’amandes de France est à Valensole chez la famille Jaubert. Cette année, il n’y a pas eu d’aides mais quelques hectares ont été plantés. Par les pépiniéristes, nous savons que 200 hectares ont été plantés, mais il n’y aura pas de résultat avant trois ans. La pleine récolte est entre cinq et 15 ans. Après 15 ans, il faudra régénérer les vergers ».

Quelles actions concrètes ont avancé ?

Dans l’année, nous avons fait le tour des structures partenaires Etat Région. Nous avons appris qu’il fallait être dans une organisation de producteurs (OP). Il y en a plusieurs en Provence et l’accueil pour les amandiculteurs a été favorable. Ensuite, entre novembre et janvier, nous allons organiser des formations vers les nouveaux exploitants. Même si la culture est ancienne, il faut actualiser les savoirs sur les nouvelles techniques, les variétés, les sols, le choix des terrains, les floraisons tardives, le gel, etc. Le problème de l’amandier n’est pas le terrain, mais l’eau et la récolte. Ce sont les mêmes appareillages qui servent à récolter les cerises. L’OP des cerises est d’accord pour planter des amandiers, plutôt en Vaucluse, Bouches-du-Rhône et une partie du Luberon. Les informations passeront par la presse spécialisée et les chambres d’agriculture. Dans le 04, il devrait se planter entre 20 et 30 hectares.

Parlez-nous de votre voyage en Espagne…
Nous avons visité de très belles plantations, bien irriguées dans la région de Barcelone. L’Espagne a continué à travailler sur la recherche comme l’INRA chez nous, mais ça a été abandonné. Des techniciens viendront pendant nos journées de formation.

Vous êtes optimiste pour la suite ?
Nous pouvons l’être. Des communes comme Lagnes (84) veulent cibler des amandiers sur leurs friches, et des producteurs de cerises sont prêts à jouer le jeu. De plus, d’ici la fin de l’année, les Crédits agricoles vont financer une plaquette à distribuer dans leurs agences portant sur les techniques de base de plantation et d’exploitation. Enfin à Oraison, avec les structures existantes et Valensole, nous pouvons être l’un des secteurs les plus productifs d’amandes.

Propos recueillis par Jean Banner