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Intempéries : coup de froid pour les fruits précoces

Le gel de fin février a frappé de plein fouet les arboriculteurs du nord du département. Un épisode suffisamment long et intense pour impacter les variétés précoces de plusieurs espèces.

La vague de froid intense, qui a touché les Bouches-du-Rhône durant les tous derniers jours de février, ne sera pas sans conséquences sur les vergers. C’est dans le nord du département que les dégâts de gel sur les arbres seront certainement les plus importants. Entre le dimanche 25 et le mercredi 28 février, des températures de - 7°C sur une durée de 72 heures ont été enregistrées. Pour les variétés les plus précoces d’abricot, de pêche et de prune, le potentiel de production est d’ores et déjà réduit au minimum. “Sur des arbres où le stade de la fleur ou du bouton rose était déjà atteint, les fruits ne se développeront pas, et le gel aura anéanti tout espoir de récolte”, explique Patrick Lévêque, président de la FDSEA des Bouches-du-Rhône. 


Une protection impossible

Les moyens de protection habituellement utilisés en pareille circonstance n’ont pu être activés pour plusieurs raisons. “Le fort mistral n’a d’abord pas permis aux arboriculteurs d’allumer les bougies anti-gel. Le froid a aussi été trop intense et trop long, pour que ce système de protection soit efficace. À titre de comparaison, lors d’épisodes de gelées printanières, on parle de températures négatives sur quelques heures, tandis qu’il s’agit là de trois jours de gel avec des températures insuffisantes, même en journée, pour utiliser l’aspersion. Tous ceux qui ont tenté d’utiliser cette méthode de protection, se sont retrouvés avec d’importants dégâts de branches cassées par la formation de glace dans les arbres”, explique Patrick Lévêque.

“Nous recueillons progressivement des informations de tout le département. Bien d’autres secteurs du nord des Bouches-du-Rhône sont concernés par cette vague de froid”, indique Patrick Lévêque. Des échos d’exploitations arboricoles parviennent en effet ces derniers jours des environs de Noves et de Cabanes, mais aussi de la Crau où les pêchers et abricotiers précoces ont également été touchés. Par exemple, pour Cédric et Vincent Marcel, propriétaires d’une exploitation qui emploie quatre personnes à l’année et jusqu’à vingt-cinq saisonniers sur Tarascon, le constat est amer. Les 25 ha d’abricotiers de leur exploitation ne produiront certainement pas de fruits.

Il est encore trop tôt pour indiquer un nombre de producteurs et d’hectares ayant subi ce gel, mais d’après le président de la FDSEA, l’on peut s’avancer à dire que, “selon les secteurs, les taux de destruction de récolte pourront aller de 80 à 100 %, avec un nombre important de producteurs touchés, compte tenu de l’intensité du phénomène”. Il précise toutefois que “les vergers de pommiers et de poiriers du département qui n’avaient pas atteint le stade de la fleur n’ont pas été endommagés”.


Le Département débloque 200 000 €

Préoccupée par la situation des arboriculteurs, Martine Vassal, la présidente du Conseil départemental, s’est rendue jeudi 1er mars à Tarascon. Elle y a rencontré les représentants du monde agricole et des arboriculteurs dont les vergers ont été victimes de ce gel dévastateur. En présence de Lucien Limousin, vice-président délégué à l’agriculture, et de Claude Rossignol, président de la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône, Martine Vassal a rappelé son attachement à l’agriculture provençale, pour laquelle le Département consacre, chaque année, un budget de plus de 10 millions d’euros. Elle a également annoncé le déblocage d’un fonds de soutien spécifique, une enveloppe de 200 000 euros, pour venir en aide aux agriculteurs de la filière arboricole. “Si nécessaire, nous irons au delà de ces 200 000 euros, en fonction de l’évaluation des dégâts qui sera réalisée par la Chambre d’agriculture, et des procédures qui seront lancées par l’État”, a déclaré Martine Vassal. La présidente du Département appelle d’ailleurs l’État à prendre rapidement en considération la situation des arboriculteurs du département.  Ces soutiens annoncés pourraient se traduire par un financement des travaux de taille qui se profilent dans les vergers concernés. “S’il n’y a pas de fruits, il y a aura beaucoup de bois et de gourmands, qui nécessiteront d’importants travaux de taille avant l’année prochaine”, explique Patrick Lévêque. Le soutien financier du Département viendrait ainsi soulager des arboriculteurs frappés d’une double peine économique : pertes de récoltes à venir et travaux qui vont s’imposer en verger.

La Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône et la FDSEA viennent de lancer officiellement une demande de classement en catastrophe naturelle des communes du Comtat et de la Crau auprès du préfet. La liste n’est pas exhaustive et un état des lieux par secteur est en cours. Il permettra de déterminer précisément l'étendue des dégâts.

Source : Emmanuel Delarue, Agriculteur Provençal