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La punaise diabolique a débarqué en Provence

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Détectée en France en 2013, la punaise diabolique peut causer des dégâts importants sur les cultures. Si sa présence a eu jusqu’ici peu de conséquences, la donne pourrait changer d’autant plus rapidement que les producteurs ne disposent d’aucun moyen de lutte contre ce ravageur originaire d’Asie.

«Un de plus » serait-on tenté de soupirer. En - tendez par-là un problème supplémentaire pour les producteurs de fruits et légumes de nos départements… Après le feu bactérien, qui est loin d’être endigué, c’est Halyomorpha halys qui commence à faire parler d’elle dans les vergers.

Originaire d’Asie où il est réputé faire de gros dégâts sur les cultures, cet insecte plus connu chez nous sous le nom charmant de « punaise diabolique » est arrivé aux USA à la fin des années 90 avant de traverser l’Atlantique. Cela fait six ou sept ans que sa présence en France est avérée, mais elle commettait jusqu’ici peu de dégâts en Europe. Ce n’est plus tout à fait le cas au - jourd’hui. « Les punaises diaboliques peuvent s’attaquer à toutes les cultures arboricoles, maraîchères ou viticoles. En Italie, il y en a tellement que ça a modifié la qualité du vin au point qu’un producteur italien me disait plus ou moins en plaisantant que les viticulteurs produisaient du vin à base de punaise », s’inquiète Eric Allard, technicien en arboriculture à la Chambre d’agriculture des Hautes-Alpes. Toujours en Italie, et en particulier dans le Piémont, précise- t-il, « des producteurs ont signé des contrats avec Ferrero pour planter des noisetiers et aujourd’hui, ils subissent des dégâts prodigieux ».

En fait, explique l’INRA (source : ephytia.inra.fr), « Halyomorpha halys cause des dégâts aux plantes en insérant ses stylets dans les or - ganes reproducteurs du fruit. L’insecte, en se nourrissant, peut causer des marques et des déformations sur les semences et les fruits, notamment de type gousse, avec des zones spongieuses blanchâtres à la surface des fruits, ou des dommages internes des tissus visibles sous forme de décolorations externes ou de taches de la chair ». A l’issue, non seulement les fruits piqués sont condamnés à partir à l’industrie, mais les piqûres peuvent entraîner des baisses de rendements suite à l’avortement des bourgeons floraux ou à la chute des jeunes fruits. Sur les fruits à coque comme les noisettes, les piqûres accroissent le nombre de fruits vides. « Le problème de cette espèce de punaise par comparaison avec les autres, c’est que les autres font des dégâts 30 jours après la floraison alors que la punaise diabolique fait des dégâts de la floraison à la récolte », explique Eric Allard.

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  • Une réunion d’information le 20 février
     
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Comment reconnaître une punaise diabolique adulte ?

Facile à repérer, la punaise diabolique peut néanmoins être facilement confondue avec d’autres punaises européennes et en particulier avec Rhaphigaster nebulosa.
Les critères pouvant permettre de distinguer la punaise diabolique des autres punaises européennes sont les suivants :

  • grande taille = 12 – 17 mm ;
  • membrane blanche avec des taches brunes allongées le long des nervures ;
  • absence de pointe ou de protubérance sur la face inférieure de l’abdomen (comparer avec Rhaphigaster nebulosa) ;
  • connexivum avec des taches médianes claires plutôt triangulaires ;
  • coloration des antennes : articles I à III sombres, article IV avec la base et le sommet clairs, article V avec la base claire ;
  • tête allongée et rectangulaire avec les marges latérales concaves.

D’autres critères notamment les pièces génitales du mâle permettent une identification sûre en cas de doute.
Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site : ephytia.inra.fr/fr/C/20532/Agiir-Punaise-diabolique