Vous êtes ici : Accueil > Les Actualités proches de vous

Détail de l'actualité

Accéder aux flux rss de notre siteImprimer la page

Le bilan technico-économique : un outil au service de la filière bas-alpine

Une synthèse réalisée par les techniciens ovins de la Chambre d’agriculture met en évidence les atouts de la filière ovine départementale, ainsi que le travail effectué auprès de 41 élevages du département dont ils ont réalisé le bilan technico-économique.

La filière ovine des Alpes-de-Haute-Provence se porte plutôt pas mal si l’on en croit la note de synthèse des résultats technico-économiques 2017 que Marie Breissand, Jean-Pierre Mary et Jean-Philippe Roux, conseillers techniques en élevage ovin de la Chambre d’agriculture, ont réalisé en octobre.

Certes, l’année 2017 se caractérise par une productivité en baisse, non pas tant à cause de la sécheresse - qui a néanmoins pénalisé les récoltes et le pâturage - que du fait d’un tassement du taux de misebas et d’une remontée de la mortalité. Mais il faut relativiser ce résultat qui fait suite à une productivité particulièrement élevée en 2016. Sur la période longue, la productivité fluctue peu depuis 2000. Par contre, « le prix de l’agneau a augmenté de 50% depuis 2000 même s’il est stabilisé depuis 4-5 ans », constate Jean- Pierre Mary. Il faut noter par ailleurs que le Label rouge est stable en volume et que la vente directe progresse, ce qui envoie un signal plutôt positif à une filière qui mise de plus en plus sur les signes de qualité et les circuits de proximité pour valoriser sa production.

Car si le revenu moyen des éleveurs reste stable c’est, en partie et sans surprise, à mettre au compte de la progression des aides PAC et en particulier des aides découplées qui viennent compenser des charges tendant en revanche à être de plus en plus lourdes. « Les charges de structure progressent de 7 %. La hausse concerne plus particulièrement l’entretien, le carburant, la MSA et les assurances. Par contre, les amortissements restent stables ainsi que les coûts liés à la prévention de la prédation que ces éleveurs ont déjà mis en place depuis plusieurs années », expliquent les techniciens dans leur note de synthèse.

De là à dire que la rentabilité des élevages est à corréler immanquablement à la Pac, il y a un pas qu’il ne serait pas pertinent de franchir. En effet, l’étude analyse le groupe des huit éleveurs ayant un résultat courant par unité de main d’oeuvre qui dépasse 50 000 €. Leur secret ? « Ces élevages allient un cheptel supérieur à 300 brebis, une marge plus du double de la moyenne grâce à une très bonne productivité, une valorisation de l’agneau au-dessus de la moyenne avec des charges opérationnelles normales. Ce groupe se caractérise aussi par des charges de structure de 20 % inférieure à la moyenne et un niveau de primes dans la normale ». Bref, conclut Jean- Pierre Mary, « des éleveurs économes et performants techniquement mais qui n’ont pas plus de primes que la moyenne ».

Établir un diagnostic de son exploitation

Cette synthèse résulte en fait du travail effectué par les techniciens, qui ont réalisé en 2017 le bilan technico-économique de 41 exploitations ovines. Répartis de manière homogène sur l’ensemble du département, ces élevages sont représentatifs de situations très variées avec des troupeaux allant de 100 à 2 000 bêtes.

Si ces bilans ont pour vertu d’offrir un aperçu de la santé de l’élevage ovin dans les Alpes-de-Haute- Provence, cette réalisation, qui bénéficie de l’aide financière du Conseil Régional SUD Provence-Alpes-Côte d’Azur et de l’Etat (CASDAR), est au premier chef intéressante pour les éleveurs qui souhaitent établir un diagnostic des performances de leur élevage, comme en témoigne Olivier Pascal, élu à la Chambre d’agriculture, qui considère le suivi technico-économique comme « un outil très important à disposition des éleveurs ». « Avec l'aide d'un technicien, explique- t-il, l'éleveur peut mettre en évidence ses points forts pour les cultiver et également corriger ses points faibles. Ce travail individuel a aussi une vocation collective, permettant à chacun de se comparer à un groupe ». Qui plus est, « cela leur permet l'espace de quelques heures de lever la tête du guidon ».

« Ces appuis techniques individuels, longtemps financés par l'Etat (France AgriMer), ont fait l'objet de coupes budgétaires importantes », regrette l’élu en insistant sur la volonté de la chambre d'agriculture de « continuer ce travail d'accompagnement auprès des éleveurs en développant une prestation spécifique pour répondre à une demande, mais également parce que c'est le coeur de notre métier », ajoute-t-il en invitant les éleveurs intéressés à ne pas hésiter à contacter leurs techniciens.
 

Téléchargez la synthèse 2017

Réalisez le bilan technico-économique de votre élevage ovin