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Le pâturage en vergers pour plus de diversité

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La remise au goût du jour du pâturage en vergers peut présenter d’indéniables atouts si elle est bien maîtrisée.

La pratique du pâturage en vergers ou en vigne peut être très protéiforme : il peut aussi bien s’agir de passages ponctuels d’un troupeau extérieur et de son berger, jusqu’à l’intégration d’un pâturage permanent jouant sur la complémentarité des espèces. Dans tous les cas, cela ne se fait pas sans adaptations, telles que l’installation de clôtures, d’abreuvoirs, d’un bâtiment, ou le  rehaussement de la taille et de l’espacement entre les arbres. Il est également important de ne pas faire pâturer pendant la récolte ou peu après un traitement, surtout lorsqu’ils sont à base de cuivre.

Parmi les avantages d’un pâturage en verger, il y a en premier lieu la réduction de l’enherbement, diminuant ainsi les passages de faucheuses. Les ovins peuvent jouer un important rôle prophylactique direct, via notamment le nettoyage de fruits véreux et la dégradation des feuilles par piétinement, réservoirs fréquents de maladies ou ravageurs. Mais la présence d’ovins aurait également un rôle indirect avec les frottements aux troncs, qui limiteraient les cochenilles, tandis que les piétinements dérangeraient le campagnol.

De même, les adaptations induites, comme un plus grand espacement ainsi qu’une taille plus élevée des arbres, réduiraient la pression de la tavelure en réduisant l’humidité. Les déjections des animaux, particulièrement des volailles, peuvent s’avérer intéressantes pour la fertilisation.  Ainsi, le pâturage peut permettre de diminuer les intrants, tout en diversifiant les revenus.

Des freins à la généralisation de la pratique

Il y a souvent un équilibre technique à trouver entre les 2 productions, la technicité de la conduite d’un élevage peut être un obstacle pour un arboriculteur. L’élevage étant alors un atelier secondaire, il est par exemple important de veiller à ne pas faire surpâturer les animaux sans quoi des difficultés peuvent apparaître (perte de diversité floristique, apparitions de strongles). L’augmentation du temps de travail pendant des périodes clés, ainsi que les charges administratives supplémentaires peuvent rebuter les arboriculteurs.

Outre les investissements initiaux, les principales craintes des arboriculteurs concernent les dégâts  potentiels des moutons sur l’écorce de leurs arbres. Il est cependant possible de diminuer ces risques en éduquant les brebis à pâturer sous les arbres et par un choix de race adapté. Ainsi le Shropshire est une race rustique, fréquemment utilisée autour des arbres car elle a la particularité de ne pas manger les écorces et d’avoir une laine dense qui ne s’accroche pas aux branches.


Pour davantage d’informations, téléchargez le livret de références de l’Inter Réseau Agriculture, Energie et Environnement de la région PACA.