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Le seuil de 500 loups en passe d’être dépassé

Quelques jours après que le comité permanent de la Convention de Berne ait décidé de reporter à la fin 2019 le vote d’une proposition d’amendement demandant le déclassement du loup, l’ONCFS a publié un communiqué annonçant le probable dépassement du premier seuil de viabilité du prédateur sur le territoire français en sortie d’hiver.

Le réseau Loup-lynx de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) a publié le 29 novembre les résultats de son suivi estival (http://www.oncfs.gouv.fr/IMG/pdf /FLASH-ETE-20181129.pdf ), ainsi que la carte de présence communale (http://www.oncfs.gouv.fr/ IMG/pdf/FLASH-DISTRIBUTIONCOMMUNALE- NJ-20181125.pdf) le 20 novembre.

Il en ressort, annonce l’ONCFS dans un communiqué publié le 6 décembre qu’« il est probable que l’estimation de l’effectif en sortie d’hiver 2018/2019 dépasse les 500 loups ». Ce qui correspond à un premier seuil de viabilité de la population.

Si le dernier bilan hivernal faisait en effet état de 74 zones de présence permanente (ZPP) dont 57 meutes (auxquelles s’ajoutaient deux meutes sans indice) en sortie d’hiver, on compte désormais 85 ZPP, dont 72 meutes. « Entre les mois de juin et octobre 2018, dix nouvelles ZPP, qui n’étaient pas identifiées en sortie d’hiver, ont été découvertes grâce à la détection de la reproduction », explique l’ONCFS. Ces ZPP se situent majoritairement dans les Alpes-de- Haute-Provence, sur les massifs d’Aup, du Cousson, de Rent et du Cheval Blanc, mais aussi dans les Hautes-Alpes (Chabrières), les Alpes- Maritimes, entre le Vaucluse et la Drôme, en Isère et en Savoie.
Les opérations réalisées permettent par ailleurs, précise l’ONCFS, de confirmer le statut reproducteur pour deux ZPP déjà connues désormais constituée en meutes reproductrices dans le Vaucluse et en Savoie et un nouveau groupe d’au moins trois individus a été identifié dans les Alpes-Maritimes.
Si l’espèce est donc clairement en voie de développement, il est à noter que cette progression du nombre de meutes est attestée sur les seuls massifs alpins et provençaux.

Le loup présent dans près de 960 communes

Une progression qui va de pair avec une augmentation du nombre de communes où la présence du loup a été détectée. On en compte désormais 524 qui connaissent une présence régulière de l’espèce et 434 pour lesquelles la présence est qualifiée d’irrégulière, soit près de 960 communes qui enregistrent une présence occasionnelle ou durable du loup en France.
« Avec un accroissement global de 13 % de la distribution communale entre les bilans de 2017 et 2018, le nombre de communes augmente de 17% pour celles classées en présence régulière et 9 % pour les communes en présence irrégulière », précise l’ONCFS. Selon les données rappelées dans le Plan loup 2018-2023, la présence du loup concernait 515 communes (dont 271 en présence régulière) réparties dans 25 départements fin 2012, et 846 communes (dont 448 en présence régulière) dans 33 départements, fin 2016. L'indicateur de suivi géographique traduit donc une expansion de l'aire de présence sur la période considérée.

Plus de 2 000 victimes potentielles dans le 04

Le gouvernement s’était fixé comme objectif d’atteindre ce seuil de 500 loups à l’échéance du présent plan loup, soit 2023 et avait pris l’engagement de réexaminer le dispositif de gestion une fois l’objectif atteint. Un objectif qui est donc en passe d’être atteint avec un peu d’avance ! Pour sa part, l’ONCFS indique travailler « d’ores et déjà pour être en mesure de nourrir les réflexions pour la révision des modalités de gestion si cette évolution se poursuit cet hiver ».

Dans les Hautes-Alpes, au 7 décembre, on comptait 293 constats indemnisables, pour 1 168 animaux tués dont trois bovins, et 32 constats en attente (50 animaux dont un équidé et un chien).
Dans les Alpes-de-Haute-Provence, on comptait au 29 novembre 588 attaques et 1 943 victimes indemnisées, dont 26 veaux, deux bovins adultes, deux chiens de protection et un lama, et 42 constats en cours d'instruction, soit un potentiel de 630 attaques et 2 082 victimes indemnisables.

Si tel n’est pas encore le cas dans les Hautes-Alpes, le nombre d’animaux tués a d’ores et déjà dépassé dans les Alpes-de-Haute-Provence celui qui avait été comptabilisé l’an dernier. Au 31 décembre 2017, on comptait 1 115 victimes indemnisées dans les Hautes-Alpes et 1 580 dans les Alpes-de-Haute-Provence. Pour rappel, le quota d’autorisations de prélèvements de 51 loups ayant été atteint le 27 novembre, un arrêté publié le lendemain par le préfet coordonnateur autorise la poursuite des tirs de défense simple sur la base des autorisations déjà accordées ou qui pourront être accordées par les préfets de département jusqu’au 31 décembre 2018. Opposée à cet arrêté qui n’apporte aucune limite au nombre de loups pouvant être tués dans ce cadre, l’association Ferus a décidé de porter plainte auprès de la Commission européenne.

Stéphanie Martin-Chaillan  

Déclassement du loup : la décision reportée

Le Comité permanent de la Convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe se réunissait du 27 au 30 novembre avec notamment à l’agenda la question du loup. La Suisse a déposé une proposition d’amendement à cette convention pour modifier le statut du loup qui, demandait-elle, devrait passer d’espèce de faune strictement protégée (Annexe II) à espèce de faune protégée (Annexe III) compte tenu de l’augmentation rapide de sa population ses dernières années. Mais le vote sur ce point a été reporté à la prochaine réunion du comité permanent fin 2019. Pour être adopté, cet amendement doit recueillir une majorité des deux tiers des Parties contractantes à la Convention de Berne – au nombre de 45 dont l’UE, la plupart des pays européens et quelques-uns hors d’Europe comme la Tunisie, le Maroc, le Sénégal et le Burkina Faso concernés par la question des oiseaux migrateurs. Le Parlement européen prépare de son côté une résolution pour demander un plan européen sur le loup qui pourrait notamment plaider pour un déclassement de l’espèce au titre de la Convention de Berne.

ActuAgri