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Les Gîtes de France : pas une ride et toujours autant d’ambition !

Le premier réseau d’hébergement en milieu rural, qui fête ses 40 ans dans les Bouches-du-Rhône, prépare son avenir en conservant ses valeurs.

Le monde a bien changé en 40 ans. Les hébergements proposés par les Gîtes de France dans les Bouches-du-Rhône aussi. Les propriétaires se sont professionnalisés et les clients du réseau réclament de nouveaux services. “Mais ce qui n’a pas changé, ce sont notre fidélité, notre engagement, nos valeurs, et notre promesse”, lançait fièrement Sylvie Pellegrin, le 31 mai dernier à Lambesc. La présidente de Gîtes de France Bouches-du-Rhône était très heureuse d’accueillir sur ses terres de nombreux propriétaires, certains historiques, pour fêter les 
40 ans du réseau départemental. Les partenaires de longue date du mouvement, comme la Chambre d’agriculture ou Provence tourisme, étaient aussi présents. Tous ont évoqué ce qui a construit le succès de Gîtes de France. Le concept de location saisonnière en milieu rural chez l’habitant a assurément encore de beaux jours devant lui. Le label, qui s’est développé au fil des années pour devenir le premier réseau en Europe de ce type de séjour, n’a rien de ringard aujourd’hui, au contraire.

Des atouts qui comptent
La marque Gîtes de France, qui avance vers ses 65 ans, fait partie des marques reconnues qui allient éthique et business. “Nous sommes la deuxième marque la plus recommandée dans le milieu du tourisme derrière Booking”, souligne la présidente. 
Le mouvement doit, bien sûr, faire face à une concurrence agressive, à des opérateurs qui disposent de très importants moyens. Mais un de ses avantages est d’être inscrit dans la mémoire collective. “Notre logo reste signifiant. Même si notre fédération nationale travaille à sa modernisation, il doit continuer à inspirer la confiance de nos clients”. Gîtes de France a, en effet, encore toute sa place dans le marché de la location saisonnière et de la chambre d’hôte. Dans la mesure où ses acteurs se donnent les moyens de défendre ce qui les différencie, “l’accueil personnalisé, la qualité, la rigueur, la proximité, la connaissance de notre territoire et enfin notre contribution à l’activité économique locale”. Le relais dans le département a dû relever bien des défis. Il a su faire sa “mue” et passer du tout associatif subventionné à une véritable démarche d’entreprise, au service des clients propriétaires, comme de ses clients vacanciers. “Nous avons développé nos services et notre accompagnement des porteurs de projets en conservant notre ancrage territorial et notre présence aux côtés des partenaires départementaux”, ajoute Sylvie Pellegrin.
Cette idée de l’accueil, chez et par l’habitant, s’est construite sur la proximité avec les propriétaires, une connaissance du terrain au profit des clients, une compréhension des enjeux du territoire aux côtés des élus et des partenaires locaux. Ce sont ces atouts qui permettront au réseau de conserver la foi en l’avenir.

De nouveaux défis
Pour autant, face à une concurrence toujours plus forte, le mouvement des Gîtes de France ne s’endort pas sur ses lauriers et cherche à se moderniser. Comme l’indiquait Dominique Pommat, président de la fédération nationale des Gîtes de France, “la fédération a engagé une large réflexion auprès de l’ensemble du réseau des Gîtes de France. Le projet “Racines du Futur” doit contribuer, par ses nouvelles actions en matière de communication (plan de marque et stratégie digitale), de systèmes d’information, de gestion globalisée des ressources humaines, de redéfinition de la relation client, et de stratégie de distribution, à renforcer la place des Relais sur leurs territoires “. Le programme vise à repenser le modèle économique du mouvement, et permettre aux hébergeurs de se doter des mêmes outils que la concurrence.
“Films promotionnels centrés autour des hébergeurs, applications plus rapides de réservation sur Smartphone”, sont quelques uns des projets lancés. Ils doivent aider les gîtes à “sortir d’une offre d’hébergement sec “. Ce plan de transformation ne doit pour autant pas toucher à la façon d’accueillir des Gîtes, mais cherche à capter de nouveaux clients avec de nouveaux canaux. 
 

Intervew de Sylvie Pellegrin 

“L’agriculture reste notre ancrage”
Toujours aussi reconnu pour le loueur que le locataire, le label Gîtes de France et le réseau se portent très bien dans les Bouches-du-Rhône. Le point avec la présidente.

Quel bilan faites vous de la saison passée ?
Sylvie Pellegrin : “La tendance est très bonne pour nous. Nous avons enregistré une hausse du volume d’affaires de 6 %, et une augmentation de 7 % du nombre d’adhérents. La progression de 20 % des demandes d’adhésion est aussi très significative sur la très bonne santé du réseau dans le département. Nous sommes pourtant dans un secteur très concurrentiel des professionnels du tourisme. Nous observons,  chez les propriétaires qui confient leur exclusivité à notre agence commerciale, un revenu qui oscille en moyenne autour de 11 000 euros par an et par hébergement. C’est un chiffre qui est plutôt en hausse. Mais il faut admettre que notre département compte de très belles destinations, autant à la mer, qu’en montagne, en ville, etc. Le potentiel est énorme”.

Pour faire le lien avec l’agriculture, les offres associées à des exploitations agricoles sont-elles celles que les clients recherchent le plus ?
S.P. : “Les gens sont toujours sensibles au monde de l’agriculture, et l’agriculture reste aussi notre ancrage. Mais ce n’est pas forcément et systématiquement ce qui anime le choix de tous les clients au départ. Ils sont cependant tous très contents que l’on puisse leur parler de notre métier. Dans tous les hébergements, on constate aussi qu’ils sont très preneurs d’adresses du producteur local, du marché paysan, etc.”

Les propriétaires hébergeurs font-ils face à de nouvelles difficultés ?
S.P. : “Il y a bien sÛr tout ce qui est administratif, fiscal, social, etc. Ce sont des contraintes que l’on ressent d’autant plus que 80 % des propriétaires ne sont pas des professionnels d’entreprise. 
Nous faisons d’ailleurs un important travail d’accompagnement sur ces questions, avec des réunions régulières sur la fiscalité, la gestion sociale, la relation clients, comment établir un contrat, gérer les risques, les assurances, etc. Nous avons renforcé cette assistance que nous devons à nous propriétaires.”

Comment le réseau appréhende-t-il les évolutions en matière de consommation de locations saisonnières ?
“S’il y a un changement en la matière, je pense que la force de nos propriétaires est d’être réactifs. Dans les Bouches-du-Rhône, les adhérents ont une réelle reconnaissance et une confiance dans le professionnalisme et l’expertise du réseau. Notre accompagnement et notre soutien sont toujours appréciés, car nous travaillons dans la confiance et avec bienveillance. Ce qui est très motivant pour les propriétaires de gîtes et les incite à s’adapter facilement.”

Sur quoi porteront vos actions cette année ?
“Nous souhaitons vraiment, dans les Bouches-du-Rhône, mettre l’accent sur la communication envers les clients et continuer d’accompagner la professionnalisation des propriétaires. Le deuxième axe concerne le développement du parc et de notre offre d’hébergement. 
Nous allons aussi communiquer auprès des instances ter­- ritoriales parce que nous sommes la marque incontournable dans le tourisme rural, même si nous développons aussi l’hébergement en ville. Le cœur de métier de Gîtes de France reste toujours la ruralité. Ensuite, concernant les futures orientations au niveau national, nous attendons le congrès prévu à Belfort les 19, 20 et 21 juin prochain.” 

Propos recueillis par Emmanuel Delarue


L’avis de Claude Rossignol, président de la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône, membre fondateur des Gîtes de France 13.


“Des outils formidables pour l’agriculture”
Claude Rossignol a été sans équivoque dans son discours. Le président de la Chambre d’agriculture, dont l’objectif est de développer une offre agritouristique de qualité, souhaite pérenniser le dévelop- pement des Gîtes. “L’agritourisme permet de générer un revenu complémentaire pour nos agriculteurs, mais il joue aussi un autre rôle primordial. Les Gîtes de France font découvrir aux touristes la diversité de notre agriculture, la richesse de notre terroir, l’excellence de nos produits et l’amour de nos agriculteurs pour ce métier. Communiquer, expliquer, convaincre…les Gîtes sont des outils formidables et des vecteurs essentiels de communication alors que notre agriculture est trop souvent décriée.


l’avis de Jean Viard, sociologue


“Regardez le monde tel qu’il change !”
Sociologue spécialisé en prospective touristique, Jean Viard a apporté son éclairage sur le développement du tourisme chez l’habitant. Il a lancé un pavé dans la marre en interpellant les représentants du mouvement sur la pertinence du réseau à communiquer sur une notion départementale, plutôt abstraite, voire insignifiante pour une certaine clientèle étrangère, au lieu de s’appuyer sur l’image beaucoup plus parlante de la Provence. “Mais elle s’arrête où la Provence ?” lui a rétorqué Sylvie Pellegrin. Le message aura été entendu. Les hébergeurs des Bouches-du-Rhône ont aussi été invités à “regarder le monde tel qu’il change”, et à travailler leur offre sur “la mise en scène de la rupture avec l’ordinaire”. Jean Viard leur a rappelé que “ce qui fera la satisfaction du client, c’est bien sûr la consommation du réel, mais aussi celle d’un certain imaginaire”.

Source Agriculteur Provençal – Auteur : Emmanuel Delarue

 

UN ACTEUR ECONOMIQUE


En 1978, le relais départemental des Gîtes de France des Bouches-du-Rhône démarrait avec 5 gites ruraux, 5 propriétaires dont 3 agriculteurs. 
En 2018, le relais recense 499 gites ruraux, 175 chambres d’hôtes et 383 propriétaires, dont 81 agriculteurs. C’est un acteur économique incontournable dans le secteur du tourisme départemental avec 197 000 nuitées vendues en 2017, soit un chiffre d'affaires de 13 millions d'euros (dont 2,8 millions d'euros reversés sous forme de recettes fiscales, 220 000 euros via les taxes de séjour) et 219 emplois directs et indirects.