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Les trois enjeux essentiels de la future PAC

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Une table ronde était organisée le 17 décembre à Mallemoisson autour de Michel Dantin, député européen.

«Trois enjeux s'imposent aux rédacteurs de la future PAC, lancera Michel Dantin, invité par la FDSEA 04 pour faire le point sur les enjeux de la nouvelle PAC, lors d'une table ronde organisée à Mallemoisson. Tout d'abord la simplification administrative, sur laquelle il n'est pas utile de revenir : les exploitants sont suffisamment confrontés à la complexité réglementaire du dispositif. Puis la question du stockage de carbone. Comment accompagner en effet les agriculteurs dans cette perspective de désordre climatique prégnante ? Il va falloir introduire des systèmes mixtes d'agriculture notamment dans l'élevage. Enfin, il faut davantage d'équité dans la perception des aides. Avec en toile de fond une baisse de 15 % des aides du premier pilier et de 25% du deuxième pilier. Pour l'heure, la France et l'Allemagne qui représentent 44 % du budget européen ne sont pas d'accord avec cette hypothèse, contrairement aux pays comme l'Autriche, le Danemark, la Suède ».

On notait autour du député européen la présence de Frédéric Esmiol, président de la chambre d'agriculture, René Massette, président du conseil départemental mais aussi de Patrice de Laurens, directeur régional de l'agriculture et la forêt et de nombreux acteurs du monde agricole bas-alpin.
Jean-Paul Comte, président de la FDSEA, entouré de Francis Solda et Laurent Depieds, présentera son hôte de marque. Michel Dantin, maire Les Républicains de Chambéry, est considéré comme un spécialiste des questions agricoles, étant l'un des rares à avoir occupé trois fonctions dirigeantes dans le secteur comme directeur de FDSEA, puis comme membre du cabinet de trois ministres de l'Agriculture. En juillet dernier, il a été nommé rapporteur pour le groupe Parti populaire européen (PPE) sur deux des trois règlements proposés par la Commission européenne dans le cadre de la réforme de la Pac post-2020. Il est notamment en charge de la réforme de l’organisation commune des marchés et des règles financières de contrôle de la PAC.

Sans oublier le Brexit !

« Ne pas oublier aussi le Brexit », ajoutera Michel Dantin, rappelant que les Anglais sont des contributeurs nets dans l'Union européenne. « Ils versent en effet plus qu’ils ne reçoivent, à l'inverse de la Grèce, du Portugal, des pays d'Europe centrale, par exemple. Soit un différentiel de 12 milliards d'euros ! Qui va payer ces 12 milliards ? »
Sachant aussi que l'Angleterre est un bon client européen, important par exemple 2 millions de tonnes de viande bovine par an du continent. Ou 40% du cognac tricolore ! « Nous avons besoin dès lors d'un bon accord commercial », soulignera encore le député européen. Après avoir évoqué les contrôles tatillons des mandataires de l'organisme payeur, l'inégalité des coûts de main d'oeuvre sur la carte européenne difficilement solutionnables, Michel Dantin a été interpellé sur la problématique du loup). « Faut-il que les crédits européens financent les mesures de protection contre le loup ? interroge Michel Dantin. Il y a un débat au sein des instances décisoires. Et il y a la convention de Berne. Lors de la dernière réunion de la convention en novembre dernier, il n'y a pas eu de vote sur la de-mande de déclassement du prédateur introduite par la Suisse et reportée à novembre 2019 ! (lire l'actualité : "Le seuil de 500 loups en passe d’être dépassé" ).

Au niveau du Parlement européen en janvier, on votera une résolution demandant à la commission agriculture de modifier sa perception de la question du loup. Je suis incapable de dire si cette résolution sera adoptée tant les groupes politiques sont divisés sur la question y compris parmi les Verts ». Pas de quoi rassurer les éleveurs présents à Mallemoisson...

B.F.

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