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Paillages biodégradables : Mieux les connaître avant de les choisir

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Un projet d’études sur l’emploi et l’intérêt des paillages et films plastiques biodégradables en maraîchage va permettre d’y voir plus clair.

Avec la problématique ‘plastique’, les revendeurs et grossistes observent depuis trois ans une augmentation importante de la consommation des paillages biodégradables chaque année. Au regard des coûts de traitements des films conventionnels, les paillages biodégradables sont devenus économiquement pertinents pour beaucoup d’exploitations. D’après une étude réalisée par le Comité des plastiques en agriculture (CPA) sur le coût d’utilisation de ces films par rapport au film de paillage classique, il ressort que le coût total des films plastiques conventionnels à l’hectare atteint environ 1 000 € contre à peine plus (1 100 €/ha) pour les paillages biodégradables. À noter que ces chiffres tiennent compte des éléments relatifs au film, des opérations de pose et de dépose ainsi que des opérations logistiques.
Afin de creuser la question de l’intérêt réel au plan technique et économique de ce type de paillage, l’Aprel – avec le financement du Conseil régional Sud Paca et l’Ademe Paca – lance, cette année, un projet autour des paillages plastiques baptisé ‘Icap’. 

De nouvelles références
L’objectif de ce projet sera d’acquérir de nouvelles références en s’appuyant sur des expérimentations. Le projet ‘Icap’ va faire suite à différentes expérimentations et études qui ont eu lieu dans les années 2000 dans la région, mais dont les résultats n’allaient pas véritablement en faveur de leur généralisation. Leur résistance, parfois insuffisante, et leur coût élevé constituaient des freins. La donne a au- ­jourd’hui changé et le projet ‘Icap’ – qui implique les Chambres d’agriculture des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse, le Groupe de recherche en agriculture biologique (Grab), le CPA et Adivalor – va entreprendre l’inventaire et la caractérisation de ces paillages utilisables en maraîchage. 
Comme l’explique Laurent Camoin, conseiller en maraîchage à la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône, “un premier volet du projet vise à caractériser leurs aspects techniques, leurs disponibilités, leurs particularités d’utilisation, leur coût et les retours d’expériences des producteurs. Le deuxième axe sera d’expérimenter, sur des exploitations de la région, leur utilisation dans différentes conditions”. Avec cette étude, il est prévu des essais sur salade d’abri et de plein champ sur différents cycles, un suivi sur des cultures palissées sous abri et sur melon sous abri et en plein champ.


Le marché s’est étoffé
En attendant les résultats du programme ‘Icap’, des tests sur les différents types de paillages biodégradables se font déjà chez quelques producteurs. “On peut observer, par exemple, qu’avec du paillage biodégradable de 15 microns (µ), mais avec aussi des épaisseurs moindres (12 µ), la durabilité de ces paillages est celle d’un cycle de culture”, note le conseiller. Cette dégradation, lente sur la saison, peut cependant générer certains résidus dans les cultures. Autre contrainte : une dégradation prématurée de certains paillages le long des gaines de goutteurs, sur cultures de fraisiers par exemple. Certaines exploitations choisissent aussi d’implanter des films tissés de type bâches hors sol posés sur toute la surface de la serre. L’intérêt de ces films est leur durabilité, mais le réchauffement du sol, plus tardif, et la densité de plantation qu’ils imposent sont des inconvénients à prendre en compte. D’autres optent pour des bâches tissées positionnées sur les entre-rangs, ou bien encore pour des films à base de chanvre, que l’on retrouve de plus en plus sur le marché. Autant de choix et d’options en matière de paillages plastique biodégradables que le programme ‘Icap’ se propose de préciser. 

Source : Agriculteur Provençal. Auteur : Emmanuel Delarue

Légende photo © ED : Durant de nombreuses années, une des difficultés pour leurs utilisateurs était de connaître la composition réelle des produits. Mais aujourd’hui, les paillages biodégradables sont normalisés.