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Phytonome de la luzerne : bilan de l’essai variétal

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En 2018, la Chambre d’agriculture a initié un essai de tolérance variétale pour faire face aux larves de phytonome ou « peluchon », un ravageur qui peut considérablement affecter le rendement de la première coupe de luzerne.

Le but était de tester si des variétés à reprises de végétations différentes (c’est-à-dire l’indice de dormance) pouvaient arriver en décalage avec le cycle du ravageur. Au total, sept variétés et un mélange furent semées côtes- à-côte, sur deux parcelles, l’une à Noyers-sur-Jabron et l’autre à Marcoux. L’essai consistait en un relevé hebdomadaire des larves sur chaque variété ainsi qu’une estimation du rendement. La parcelle à Noyers fut bien plus attaquée qu’à Marcoux, notamment à cause de températures printanières plus clémentes, mais probablement aussi dû au type de sol, plus caillouteux dans le Jabron. En effet, le développement de ce nuisible est très lié avec l’accumulation de degrés-jours. Sur les parcelles suivies, le pic de phytonome eut lieu autour du 14 mai, soit à un seuil compris entre 115 et 130 degrés-jours en base 9.

Cependant, de sérieuses attaques avaient déjà commencé un mois auparavant dans la vallée du Jabron (dès 35-40 degrés-jours).
En termes de rendement, il dépend surtout du moment à partir duquel la variété se fit attaquée et non du nombre total de larves de la campagne d’observation.
C’est pour cela que le graphique ci-joint fut corrigé avec la hauteur relative des variétés à chaque prélèvement.

A Noyers-sur-Jabron, les fortes températures de fin d’hiver furent très défavorables aux variétés à reprise de végétation précoce qui se sont montrées appétentes pour les premiers phytonomes, et pénalisa beaucoup le rendement (Témoin multiplié). En revanche, les variétés à reprise de végétation plus lentes (Volga), purent profiter de la seconde partie du printemps, plus maussade et défavorable au phytonome, pour se développer suffisamment et endurer par la suite de plus grosses attaques. Les résultats à Marcoux sont beaucoup plus homogènes et moins liés à la présence de phytonome, qui fut relativement modérée.

Entre les deux parcelles de l’essai, la différence de rendement moyen n’est que de 0,8 tonnes de matière sèche par hectare. Mais la valeur alimentaire de la luzerne ne put être estimée, alors qu’elle paraissait médiocre pour beaucoup de variétés à Noyers-sur- Jabron, où il ne restait souvent que les tiges.

 

Théo Gaden, CA 04

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