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Portrait de Francis Solda : Le pastoralisme dans la peau

Incontournable figure du pastoralisme bas-alpin, Francis Solda a abandonné la présidence de la FROSE et celle du CERPAM à quelques semaines d’intervalle. Retour sur une carrière qui fait la part belle à l’engagement syndical.

A Barcelonnette, une journée dédiée au pastoralisme était organisée en mai dernier à l’intention des organismes proposant un usage ‘récréatif’ de la montagne. Pas trop d’éleveurs au rendez-vous, donc, et ils n’étaient d’ailleurs pas conviés. Il y en avait pourtant quelques-uns et, parmi eux, Francis Solda. Au terme de la journée, la tentation était grande de penser que, tout compte fait, sa seule présence compensait l’absence des autres. Et pas seulement parce que l’homme est une montagne.
Dans une assemblée, une intervention de Francis Solda ne manque pas de susciter des regards entendus. Non par dérision, mais comme pour se confirmer mutuellement qu’on se situe bien dans une situation qui relève de "l’ordre des choses". Soyons clair : si Francis Solda ne prend pas la parole, c’est que quelque chose ne va pas. « Je déplore que beaucoup de gens n’hésitent pas, pour faire plaisir à d’autres, à virer leur cuti. Quand tu es persuadé d’avoir raison, il faut défendre ton bout de gras », dit-il. Et il le fait. Sa carrière syndicale ne peut qu’en attester et le nombre de présidences dont il a assumé la fonction à un moment ou à un autre relève quasiment de l’inventaire à la Prévert.
Dans la filière arboriculture, d’abord. Parce que celui qu’on connaît depuis des années comme un représentant incontournable du pastoralisme provençal a bel et bien commencé sa carrière agricole dans la pomme et la poire.

Au commencement était l’arboriculture

Né de parents d’origine piémontaise – ses quatre grands-parents se sont installés à Marseille aprèsguerre - Francis Solda est né en 1947 à Aubagne dans des circonstances qui ont bien failli lui faire voir le jour dans une bergerie. De là à y voir un présage de sa vocation future, il n’y a qu’un pas que nous franchirons avec plaisir pour le seul goût du romanesque. Tout comme son caractère bien trempé encourage à se demander si son nom de famille ne mériterait pas de prendre un « t ». Son fils aîné a en quelque sorte répondu à la question, puisqu’il est aujourd’hui colonel dans l’armée de l’air. Mais revenons à nos pommes. Car il compte parmi les agriculteurs qui ont planté dès 1960 les pommiers et poiriers sur le secteur manosquin et les premiers à avoir mis des filets paragrêles. A ce moment-là, sa famille est installée aux Quatre chemins, à Valensole. Ils achètent avec la famille Berclaz le domaine de la Fuste, revendent l’hôtel, mais conservent les terres où ils installent leurs vergers. « En 1968, j’avais 1 800 tonnes de Golden et de Starkrimson, ainsi que 4 ha de Passe-crassane », raconte Francis Solda. C’est également à cette époque qu’il installe les premiers frigos à atmosphère contrôlée. Pour obtenir des financements, il n’hésitera pas à solliciter les députés des Bouches-du- Rhône Gaston Defferre et Louis Philibert, à cette époque également président du conseil général. « Je n’ai jamais eu peur de parler à un politique », commente-t-il. En 1982, il crée la SICA Soleil des Alpes, qui voisine aujourd’hui avec le magasin Couleurs paysannes. « Avant ça, j’étais aussi président de la SICA Saint-Maurice ». Au vu de l’augmentation des surfaces de vergers de pommiers dans le secteur manosquin, ils créeront avec Maître Pierre Girard une 2e SICA (la SICA des Côteaux). « J’étais aussi vice-président du comité économique des poires ». Il sera également vice-président du CETA (centre d’études techniques agricoles) de l’Escale. En 1982, il est vice-président du syndicat d’irrigation du plateau de Valensole, tout en étant conseiller municipal à la mairie.  (...)

Dans la suite du portrait :

- Retour aux premières amours
- Une vie syndicale chronophage
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