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Projets d’aménagements hydrauliques : le parcours du combattant

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Si les agriculteurs irrigants ne demandent pas mieux que de prélever moins d’eau dans les cours d’eau en été, le chemin pour y arriver est jonché d'obstacles.

En août 2016 du coté de Reillanne, le préfet des Alpes de Haute-Provence se rendait chez quelques agriculteurs pour se rendre compte des besoins de stockage et affirmait : « Il faudra moins de trois ans pour faire aboutir nos projets ». Depuis les irrigants concernés, appuyés par la Chambre d’agriculture, se sont retroussés les manches.
Une étude technique, environnementale était réalisée sur cinq projets, après demande de financement (décembre 2016), marché public, de nombreuses réunions de terrain, des comités de suivi, des sondages, des inventaires naturalistes de tout type, des négociations aussi pour éviter certaines zones à protéger (zones humides…) pour aboutir, enfin à des demandes de financement pour travaux déposés pour le compte de cinq exploitants en octobre 2018 auprès du guichet unique du Conseil régional Paca.
Deux ans déjà pour arriver à étudier, chiffrer et déposer des dossiers. Mais la réponse (positive ou pas) à ces demandes de financement ne pourra aboutir avant l’automne 2019, car des demandes de complétude de dossiers ont été faites par les services du Conseil régional en mai 2019 soit presque sept mois après le dépôt des dossiers.

Que dire des dossiers de type « règlementaires » ? Si pour certains petits projets le délai a été relativement rapide, parce que la DDT a grandement simplifié les démarches des dossiers loi sur l’eau ou de type « Natura 2000 », d’autres surprises attendaient nos irrigants. Pour l’un, c’est une demande de défrichement qu’il a fallu déposer, alors que la zone concernée est une simple « zone d’emprunt » abandonnée depuis 30 ans. Et à la clé peut-être une très importante indemnité de compensation. Pour un autre, il a fallu passer par une demande de dérogation pour détruire quelques plantes, sur lesquelles un papillon protégé va pondre des oeufs. La réponse dans quelques mois… Là aussi il faudra compenser et éventuellement ré-implanter ailleurs l’espèce et suivre son développement. Pour un autre, il aura fallu faire des fouilles archéologiques préventives, car le site était à moins de 500 m d’un monument historique.
Non loin de là, la déclaration de travaux faite au service d’urbanisme de la commune a été refusée pour cause d’emplacement réservé depuis 15 ans, pour un projet dont peu avaient entendu parler, et il faut donc attendre la révision du PLU.

Bien sûr, les institutions en charge de ces sujets ne sont en rien responsables de ces retards. La mise en oeuvre de ces « pourtant » petits projets est devenue complexe, au fur et à mesure de l’empilement des règlementations et des précautions administratives, qui doivent être prises pour que les financements publics mobilisés ne puissent être contestés.
Pourtant personne ne se décourage, même si au final les coûts vont encore augmenter pour certains.

En 2020 ou 2021, il devrait être possible d’inaugurer quelques sites, et enfin les irrigants seront sécurisés et les cours d’eau en meilleur état.

Noël Piton, CA 04