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Références en élevage, Présentation des résultats annuels

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À Châteaufort, une contribution à la description du cas-type « Préalpes - troupeau sédentaire ».

À Châteaufort, le Gaec des Mayols s’est le 14 octobre dernier prêté au dispositif des cas-types en élevage ovin. Accompagné du vétérinaire qui assure le suivi de ses animaux, Nicolas Joubert a accueilli sur son exploitation les partenaires de l’opération, représentants de la maison régionale de l’élevage, de la chambre d’agriculture des Alpes-de-Haute-Provence, de la Banque Populaire, du Crédit Agricole et de Groupama.

Chaque année, dans le cadre des travaux de références et d’expérimentation coordonnés par la MRE (Maison régionale de l’élevage), en partenariat avec l’institut de l’élevage et les chambres d’agriculture de la région, ces observations de terrain sont menées pour acquérir une meilleure connaissance des systèmes d’élevage régionaux et apporter un meilleur conseil aux éleveurs des filières inhérentes. Ce suivi de fermes permet au dispositif Inosys*, réseau d’élevage, de constituer et publier régulièrement un panel catégoriel de cas-types ciblant les profils moyens et reflétant la diversité des systèmes pratiqués par les exploitations de la région. Chacun des 15 cas-types de ce panel est décrit dans un document qui renseigne sur la localisation, la structure, le fonctionnement et le bilan technico-économique.

Une organisation sédentaire qui privilégie l’agnelage d’automne

Dans la catégorie « Préalpes, ovin spécalisé, troupeau sédentaire », le cas-type « ovin viande » publié en janvier 2019, issu de la conjoncture 2018, observe « un éleveur sédentaire avec 320 brebis Préalpes, une production d’agneaux de bergerie et une large autonomie alimentaire associant prairies cultivées, cultures de céréales et parcours locaux (…) La conduite du troupeau est basée sur deux périodes d’agnelage relativement équilibrées, l’objectif restant d’obtenir une mise bas par brebis et par an avec une mise en lutte des agnelles vers un an. L’absence de transhumance collective laisse une grande diversité de choix dans la conduite du troupeau. Les systèmes à dominante herbagère privilégient l’agnelage d’automne, alors que les systèmes plus pastoraux s’orientent davantage vers un agnelage de fin d’hiver. La production d’agneaux lourds de bergerie est la règle, d’autant que ces systèmes sont pour la plupart localisés dans la zone historique de production de l’agneau de Sisteron. L’arrivée du loup est plutôt récente dans ces secteurs. Même si les attaques sont généralement encore sporadiques, elles sont en forte progression. La colonisation de ces zones par les loups impose la mise en place de moyens de protection permanents.»

Labellisée « Agneau de Sisteron », L’exploitation des Mayols correspond au profil de cette description. Nicolas Joubert y a pris voici cinq ans, la succession de son père pour former un Gaec avec son oncle. Le jeune éleveur est aussi le maire de Châteaufort. À l’issue de ses études, cet ingénieur agronome a fait le choix de revenir sur les terres qui l’ont vu naître pour reprendre l’activité familiale et s’impliquer dans la vie du territoire.

Le troupeau des Mayols compte 480 brebis avec un renouvelle- ment assuré sur deux périodes d’agnelage : en janvier/février pour l’agneau de Pâques et en novembre. Nicolas s’occupe de la culture fourragère et des animaux en bergerie tandis que son oncle assure les fonctions de berger sur les pâturages. Le troupeau pâture en partie en zone de sous-bois embroussaillée. Cette configuration est problématique au regard de la surveillance accrue qu’impose la pression du loup. Entre 2014 et 2016, chaque année 10 à 15 bêtes ont disparu du fait de la prédation. Cinq chiens de protection ont été affectés au troupeau. Cette année la problématique a été doublée par le haut niveau de sécheresse. « Là où il y a de l’herbe, il y a le loup », explique l’éleveur face à cette difficulté majeure qui impacte l’organisation d’ensemble.


Nadia Ventre


* INOSYS Réseaux d'élevage est un dispositif partenarial associant des éleveurs volontaires et des ingénieurs de l'institut de l'élevage et des chambres d'agriculture. Cette plateforme a pour finalité la production de références sur les systèmes d'élevage herbivores à destination des éleveurs et de leurs conseillers. Elle bénéficie d'un soutien financier du ministère de l'Agriculture et de l'alimentation (CaSDAR) et du Fonds national de l'élevage (FNE).