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Rentrée agricole : ciel tourmenté

Par André Bernard, Président de la Chambre d’agriculture de Vaucluse

 

Je suis très préoccupé par les conséquences des conditions climatiques de ce printemps qui ont provoqué d’énormes dégâts. Dégâts déjà connus sur les cultures de printemps et dégâts importants pressentis sur les autres cultures en cours de récoltes ou à venir. Avec bien sûr des disparités suivant les secteurs.

Cela va mettre les exploitations agricoles dans une situation compliquée, surtout que cela fait suite à la campagne 2017 où on a eu du gel et de la sécheresse.

Construire un plan d’accompagnement

Ces évènements nous rappellent, s’il en était besoin, que notre métier est fortement dépendant des conditions climatiques qui peuvent être extrêmes (gel, sécheresse, excès d’eau, canicule…). Cela fragilise notre activité et cela nous oblige à mettre en place des moyens de protection. Aujourd’hui, l’ensemble de la France souffre de la sécheresse et, prévention vaut mieux que réparation. Aussi, dans le Vaucluse, une dynamique de sécurisation en approvisionnement en eau a été engagée depuis des siècles, on la poursuit par l’installation de nouveaux réseaux d’irrigation.

Avec les organisations agricoles dans le cadre de la CGA (confédération générale de l’agriculture), il faut construire un plan d’accompagnement des exploitations en difficulté en utilisant tous les moyens en place (reconnaissance des calamités - en cours pour la cerise et les fruits de printemps, démarches bancaires, fiscales et Msa…). On attend de la part des Pouvoirs Publics un geste fort. La Chambre d’agriculture s’associe aux démarches portées par la FDSEA et les JA et mettra à disposition de tous les agriculteurs du département, le personnel, pour les aider dans ces démarches.
Aux intempéries, s’ajoutent les dégâts causés par les sangliers et les pertes subies par nos amis éleveurs du fait de la présence des loups. Il faut trouver les moyens de gérer ces problèmes devenus récurrents et insupportables.

Je voudrais aussi revenir sur des annonces faîtes  par le gouvernement. Elles vont faire l’objet de négociations au plus haut niveau. Mais rajouter des charges supplémentaires aux agriculteurs du Vaucluse est intolérable : suppression du TODE (travailleur occasionnel demandeur d’emploi), RPD (redevance pour pollution diffuse), augmentation du coût du gas-oil… On nous demande des efforts qualitatifs que nous faisons et ces charges supplémentaires entravent notre développement et notre compétitivité.
Le projet de loi EGAlim a fait naître beaucoup d’espoir dans le monde agricole, mais nous sommes toujours en attente d’une solution favorable à la hauteur des engagements.

Y croire malgré tout

La situation est tendue pour bon nombre d’agriculteurs mais je voudrais toutefois pointer les points positifs :
- les démarches qualité engagées par plusieurs filières de notre département,
- le développement de la commercialisation en direct avec l’expérimentation des casiers sur l’aire d’autoroute (même si cela représente un petit volume de production ; quand Vinci nous met à la Une de son site internet, cela démontre que nous l’intéressons et nous encourage à poursuivre).
- les travaux d’expérimentation menés dans les stations et par les filières : expérimentations sur les systèmes de protection des cultures ; expérimentations sur les résistances aux maladies et/ou ravageurs ; expérimentations sur les pratiques permettant les réductions d’utilisation de désherbants.  

Sur ce dernier point, je crois que le monde agricole doit clamer haut et fort qu’il agit conformément aux attentes des consommateurs, mais je rappelle que nous travaillons avec la nature : l’expérimentation et la vulgarisation des nouvelles techniques exigent du temps. La Chambre d’agriculture est engagée dans cette voie.
Et il y a bien sûr un coût financier à tout cela. L’agriculture finance en partie ces recherches mais les Pouvoirs Publics doivent s’engager à nos côtés en mobilisant des fonds autres que ceux financés par la profession.  

Med’agri, le rendez-vous professionnel du grand sud-est

Pour terminer, je vous donne rendez-vous à vous tous, agriculteurs et, à tous ceux qui sont intéressés par le devenir du grand sud-est, à Med’agri, les 16, 17 et 18 octobre prochains ; manifestation portée par la Chambre régionale d’agriculture et les Chambres d’agriculture de la région. Manifestation qui présentera toutes les techniques et innovations grâce à la présence de 300 exposants et aux nombreuses conférences qui vont se tenir durant trois jours. Manifestation qui permettra aussi, de faire reconnaitre nos particularités méditerranéennes aux représentants des collectivités territoriales, aux élus locaux, nationaux et européens.