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Se méfier de l’Agrostis stolonifère

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Moins connue que le chiendent, l’Agrostis stolonifère n’en est pas moins redoutable pour les prairies…

L’agrostis stolonifère (Agrostis stolonifera) est une graminée très commune en Europe. En effet, cette plante a la capacité de se développer dans des conditions extrêmes : elle résiste aussi bien aux chaleurs et aux sécheresses estivales, qu’à l’humidité de l’hiver. Cependant, elle a du mal à pousser au-delà de 800 mètres d’altitude. Une forte présence de cette plante dans les prairies est le signe de sa dégradation. Elle dispose d’un fort pouvoir de colonisation via, des stolons qui vont s’ancrer pour former de nouveaux pieds.

Comment l’identifier ?
Cette espèce peut prendre des aspects variés, mais en général, il s’agit d’une petite plante à port rampant. La base de la tige prend souvent des teintes rouges-violacées, tandis que ses feuilles, courtes et larges tirent vers le bleu. Contrairement au chiendent, elle n’a pas d’oreillettes, est glabre et possède une longue ligule. Elle est souvent indicatrice d’un sol asphyxié, trop tassé et engorgé en eau et en matières organiques d’origine végétales ou animales.

Les méfaits de l’Agrostis stolonifère
Sa rusticité et ses facultés invasives font qu’elle se diffuse au moindre stress où les plantes fourragères régressent (comme un surpâturage), elle prolifère alors et peut rapidement couvrir toute la parcelle. Malheureusement, elle a une valeur alimentaire médiocre, notamment à cause de la dureté de ses tiges qui lui donne l’aspect de la paille. Enfin, elle a également des propriétés allélopathiques, c’est-à-dire qu’elle va produire des molécules anti-germinatives dans le sol, surtout à l’encontre des autres graminées. Ainsi, l’agrostis peut être la cause de l’échec d’un semis, et il est également inutile de rénover la parcelle par un sursemis en sa présence. D’après l’INRA, les méfaits de l’Agrostis stolonifère seraient véritablement dommageables à partir de 10% de présence dans une parcelle.

Limiter sa progression en adaptant les pratiques
La mise en place d’un pâturage régulier et tournant est le premier levier d’action. Il s’agit surtout d’éviter la dégradation du couvert (piétinement) pour ne pas laisser de trous où l’agrostis pourrait s’installer. Une alternance de fauche et de pâture ou un déprimage permet également de favoriser l’installation de plantes fourragères plus diverses. Il faut également veiller à bien raisonner sa fertilisation, à bien émietter le fumier et à ne pas laisser les balles de foin trop longtemps sur la parcelle. Le travail mécanique du sol peut également s’avérer assez efficace car contrairement au chiendent, elle possède un système racinaire superficiel et n’a pas de rhizome. Un passage de herse étrille en été peut arracher les stolons, les empêchant de s’ancrer au sol. Enfin, si la parcelle est trop envahie, une rénovation totale de la prairie peut être utilisée en dernier recours.