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Session de la Chambre d’agriculture 13 . A l’écoute des besoins du terrain

Les préoccupations de la profession sont toujours fortes, mais la Chambre d’agriculture 13 s’attache à répondre aux attentes des agriculteurs.

Le rendez-vous habituel des élus de la Chambre d’agriculture du département s’est tenu le 22 février à Aix-en-Provence. Avant d’aborder, comme à l’accoutumée, l’économie agricole du département, le président Claude Rossignol a rendu un hommage à Florence Clauzel, disparue quelques jours plus tôt, et qui laisse en deuil l’agriculture de la Camargue et du département. Il a ensuite pris le temps d’exprimer son inquiétude quant aux nombreuses difficultés qui continuent de secouer le secteur agricole en ce début d’année. Il a précisé que la Chambre d’agriculture soutenait “sans réserve la colère des producteurs et les revendications syndicales qui s’étaient exprimées la semaine précédente”. Les pratiques abusives des opérateurs de la grande distribution ont notamment été ciblées, tout comme l’image systématiquement négative de l’agriculture dépeinte dans les médias. Claude Rossignol a d’ailleurs rappelé, que le réseau des Chambres avait plaidé durant les EGA, pour la création d’un fonds de communication sur l’agriculture. “C’est une idée que la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône soutient pleinement, notamment pour rétablir nos vérités vis-à-vis de la multitude d’informations sans fondements ou pour le moins partiales, que reçoivent nos concitoyens”, a-t-il indiqué.

Alors qu’un peu plus tôt dans la journée, une dizaine de jeunes agriculteurs du département étaient reçue à l’Élysée, Claude Rossignol a pointé les contradictions perçues dans les discours de l’État, en dépit de positions fortes exprimées en faveur de l’agriculture. Sur la question de l’ouverture des marchés notamment. “Comment peut-on promouvoir l’engagement dans la transition écologique en France, une sécurité sanitaire irréprochable, tout en négociant des accords de libre échange avec le Canada ou l’Amérique du Sud ?”, s’interrogeait-il.

Au cours de son intervention, le président de la Chambre n’a eu de cesse de rappeler que “les enjeux de l’alimentation ne pouvaient être abordés indépendamment de ceux de la production”. Les mesures que l’Élysée réserve au monde agricole devront prendre en compte ces réalités. 

Des avancées malgré tout

Malgré l’ampleur des difficultés pour bon nombre de producteurs, ce début 2018 marque aussi quelques bons points.

Pour les riziculteurs notamment. Ils ont obtenu la possibilité de cumuler les aides couplées et les MAEC. Maxime Ahrweiller, secrétaire générale adjointe de la préfecture des Bouches-du-Rhône, présente à la session, l’a confirmé. Avec un bémol cependant. “La Commission européenne a fini par répondre à la France, mais, précisons-le, il nous manque toujours l’autorisation écrite”, soulignait la représentante de l’État. Toujours sur la PAC, elle a indiqué que “l’année 2016 devrait être moins compliquée que 2015 dont le traitement des paiements est actuellement en cours de finalisation.”

La reconnaissance des handicaps de la Camargue et de la Crau, le renforcement des contrôles des produits bio d’importation, et qui devrait cibler aussi prochainement la qualité, sont quelques autres bonnes nouvelles, confirmées ou annoncées, par la représen- tante du préfet.

Une bonne partie de la session du jour était axée sur le plan de relance des productions sous abris, que la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône a élaboré. Il se concrétise cette année. Les volets consacrés à la formation, au plan sanitaire départemental ainsi qu’au nouveau pôle de compétence de la fédération des Ceta maraîchers, ont été détaillés par les différents acteurs du projet.

La rénovation du dispositif d’aides à l’investissement est au cœur du projet sur lequel la Chambre, l’équipe maraîchage, et les élus, planchent depuis deux ans avec le concours des collectivités territoriales. Mais, pour accompagner les besoins en innovation et le développement du parc, il a également ciblé le besoin en main-d’œuvre qualifiée.

Une nouvelle formation à Fontlongue

Une formation de chef de culture et de second d’exploitation va donc être mise en place dans quelques mois, en partenariat avec le lycée Fontlongue de Miramas. “Aujourd’hui, la demande des exploitations est forte. On observe, chez les producteurs, un demande d’engagement d’apprentis sur cette formation très importante”, note Sébastien Attias.

Thierry Quéré, directeur du lycée Fontlongue, expliquait que le campus s’était naturellement associé à cette dynamique. “Nous proposions déjà un Bac professionnel en production horticole, ainsi qu’un BTS. La formation de chef de culture vient logiquement s’associer à notre démarche. Notre centre de formation continue veut aussi être acteur et partenaire de la profession, et notre souhait est d’être à son service pour répondre au besoin des exploitations.”

La directrice du centre de formation, Florence Robert, a donné des précisions sur la formule choisie. “Nous avons opté pour une formation en alternance, avec différents types de contrats ; apprentissage, professionnalisation ou reconversion en formation continue pour adultes. Nous avons aussi choisi un titre homologué. C’est un diplôme de la branche professionnelle qui va nous permettre de moduler le contenu du référentiel pédagogique et de s’adapter précisément à tout type de cultures pour répondre à l’ensemble des besoins du territoire”, expliquait-elle.

Le LDA 13 à la disposition des maraîchers

Autre point important et sensible pour les exploitations, le volet sanitaire. Un plan sanitaire végétal calqué sur le plan animal est maintenant lancé pour la filière maraîchage. Il s’appuiera notamment sur le Laboratoire départemental d’analyses (LDA 13) mis à disposition par le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône. Jean-Luc Tron, président du Ceta de Châteaurenard, indiquait qu’il permettra de “répondre à un besoin toujours plus important en matière de suivi sanitaire des cultures maraîchères des exploitations. Nous avons maintenant la possibilité d’analyser facilement et gratuitement un volume très important d’échantillons. Ce dispositif départemental assurera aux maraîchers plus de réactivité face aux maladies observées sur les cultures”.

Avec ce programme sanitaire, il était aussi logique de renforcer la technique et le conseil. Dans cet objectif, la Cham bre a répondu positivement et a souhaité y associer le réseau des Ceta du département.

Gilles Belenguier, président de la fédération départementale des Ceta maraîchers des Bouches-du-Rhône, a rapporté que, dans le cadre de la relance maraîchère, il est important de “proposer de nouveaux services aux adhérents des Ceta. Le pôle de compétences s’appuiera sur nos techniciens spécialisés dans leurs secteurs. Ils pourront intervenir par l’information croisée, mais aussi sur les territoires des différents Ceta”. 

Le but est d’apporter des informations le plus rapidement possible auprès des exploitations. Il faut, par exemple, qu’un exploitant qui change de production puisse être appuyé techniquement dès le départ. 

Au travers de ce nouveau pôle de compétence, “les Ceta apporteront un service de pointe plus diversifié, qui mutualise les savoir-faire et les moyens des conseillers”. Mais, au-delà de l’accompagnement proposé aux adhérents des Ceta, qui représentent un tiers des maraîchers du département, la Chambre d’agriculture n’en n’oublie pas les autres. Comme le témoignait Jean-Paul Riousset, producteur de choux fleur sur Maillane, “la Chambre d’agriculture propose des prestations techniques adaptées à nos demandes”. Il travaille avec les techniciens de la Chambre départementale depuis 28 ans. Cet accompagnement lui a permis de progresser sur la question de l’irrigation, la protection des cultures et les itinéraires techniques. “Les techniciens qui nous ont accompagné ont été de vrais partenaires et sont indispensables sur notre exploitation. Le conseiller est un peu notre chef de culture”, concluait le maraîcher.

Sources : Emmanuel Delarue -  Agriculteur Provençal

Photo : de gauche à droite : Marie-Paule Chauvet, vice-présidente de la Chambre d’agriculture, Patrice Paradiso, directeur, Claude Rossignol, président, Maxime Ahrweiller, secrétaire générale adjointe de la préfecture des Bouches-du-Rhône, et Jean-Pierre Grosso, vice-président de la Chambre d’agriculture.