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Une charte agricole pour porter une volonté d’accompagnement

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Durance Luberon Verdon Agglomération | Sept signataires pour officialiser un socle de références et d’objectifs.

L’agglomération Durance Luberon Verdon, (DLVA), les chambres d’agriculture des Alpes-de-Haute-Provence et du Var, la chambre de l’artisanat 04, les parcs naturels du Luberon et du Verdon, le conseil départemental, se sont retrouvés le mois dernier en mairie de Manosque, pour officialiser la charte agricole de DLVA. Les partenaires ont apposé leur signature sur le document, aboutissement de deux années de réflexion pour l’émergence d’un socle de références visant à consolider et accompagner l’économie agricole au sein d’un territoire regroupant 25 communes pour 62 000 habitants.

« C’est avec ma casquette de vice-président à l’économie que j’ai initié cette charte », précise Armel Le Hen pour souligner l’objectif central du document : considérer l’agriculture, l’agro-alimentaire et leur valorisation comme piliers à part entière du dynamisme territorial, aborder « les enjeux environnementaux, de la préservation des ressources naturelles, du paysage, par la clé du développement économique. Une vision, dit l’élu, qui a donné la tonalité de la charte. Les agriculteurs sont des entrepreneurs avant d’être des jardiniers de l’espace. Le schéma économique du début de mandat a clairement identifié les grandes filières - “senteurs-saveurs”, énergie, tourisme - en lien avec l’agriculture. Cette charte recouvre une vision partagée par la collectivité, le monde agricole et l’ensemble des signataires. Sur le territoire nous avons une agriculture diversifiée, de grandes productions sur le blé, l’arboriculture… la filière des semences est également très performante. Il y a aussi une agriculture paysanne et nous ne voulons pas opposer les modèles. L’activité agricole participe largement à l’attractivité du territoire, la lavande, le pastoralisme… La volonté est aussi d’accompagner le sylvo-pastoralisme en matière d’équipement.» Le second axe de la charte repose sur les ressources patrimoniales, la terre et l’eau. « Nous avons des richesses importantes. Nous devons en avoir une préoccupation commune. »

Comment vont concrètement se décliner les ambitions affichées ?« Nous ne sommes pas que dans de belles déclarations. Nous avons identifié quatre familles d’actions opérationnelles, précises et concrètes. On se concentre sur les sujets essentiels pour soutenir des produits diversifiés, créer un événement annuel pour mettre en valeur notre agriculture. Nous pensons par exemple à soutenir les fruits à coque : amandes, noix, noisettes. Pour impulser l’élan nous voulons y compris soutenir d’un point de vue financier, accompagner des initiatives. »

Avez-vous des projets sur la filière alimentaire ? « Avec les parcs du Luberon et du Verdon, nous travaillons pour une meilleure valorisation des produits locaux dans la restauration collective. Les cantines de Manosque augmentent progressivement la part du local et du bio. On doit encore s’améliorer. Nous souhaitons favoriser l’émergence d’une restauration de terroir également au sein des entreprises. »

Dans quelle mesure la ZAP (zone agricole protégée) intègre-t-elle le contenu de la charte ?« La ZAP en est un axe fort. C’est un message très important, au-delà du territoire. Les nouveaux agriculteurs qui veulent s’installer, ou les anciens qui veulent transmettre, savent où ils vont. La ZAP concerne aussi le volet de la préservation foncière. » Le quatrième chapitre est consacré à l’eau, « une question vitale pour l’activité agricole, explique Armel Le Hen. Nous devons la soutenir dans l’adaptation au changement climatique, dans les besoins en irrigation et le renforcement des réseaux, dans un souci de préservation, de bonne utilisation des fertilisants et des phytosanitaires. Des actions, comme le projet Regain sur le Plateau de Valensole sont à soutenir, les captages prioritaires sont des sujets qu’on doit accompagner. Je défends l’idée que cette charte soit accompagnée financièrement. Nous dégageons cette année un petit budget de 40 000 euros, une enveloppe fléchée sur des actions en phase avec notre charte. À la mi-novembre, nous lançons dans ce cadre un appel à projets. »

Un document à faire vivre

Pour Frédéric Esmiol, président de la chambre d’agriculture des Alpes-de-Haute-Provence, cette charte constitue un document « intéressant dans son montage », issu d’ « un travail de plusieurs mois pour apporter un regard agricole, protéger une partie des terres. L’agriculture est une économie à part entière qui compte dans le développement de la DLVA, au sein de ce pôle en plein développement urbain et des petites communes de l’agglomération. Au cours des réunions les représentants agricoles ont été vigilants sur la façon de fixer les idées. » Le document est officialisé et pour le président il s’agit désormais de « le faire vivre. Nous devons maintenant entreprendre un travail d’animation. La DLVA est prête à contribuer à l’extension du réseau d’irrigation, à mettre des moyens sur les périmètres de captage pour la protection de l’eau, à soutenir des actions en lien avec les thématiques retenues. » La charte intègre « une ZAP relativement importante, bénéfique à la consolidation des productions et aux circuits courts. Il faut se servir de cette base de travail, sans opposer les modèles agricoles. Cette zone protège 8 000 ha de terres en donnant de la visibilité aux jeunes qui vont s’installer. »