Vous êtes ici : Accueil > Les Actualités proches de vous > Vallée de l’Asse : des sondes tensiométriques « connectées » pour mieux piloter les arrosages

Vallée de l’Asse : des sondes tensiométriques « connectées » pour mieux piloter les arrosages

Accéder aux flux rss de notre siteImprimer la page

Expérimentation : Depuis presque 40 ans, les tensiomètres sont utilisés sur le département des Alpes-de-Haute-Provence pour mieux conduire les irrigations.

Ces outils se sont grandement améliorés : les vieux tensiomètres « à eau » ont quasiment disparu pour être remplacées par des sondes « électriques » qui ne gèlent plus et ne désamorcent plus. Depuis 15 ans, des appareils permettaient également d’enregistrer les valeurs des sondes, de les stocker pour les récupérer sur un ordinateur par exemple. Mais le principal pro-blème d’une bonne conduite ten-siométrique restait le relevé même des tensions de l’eau. Il fallait que l’agriculteur se déplace pour bran-cher son boitier de mesure ou pour interroger son enregistreur. Cet obstacle pourrait être levé car de nouveaux matériels sont apparus depuis deux-trois ans : ceux-ci per-mettraient d’interroger à distance les sondes tensiométriques depuis un smartphone ou un ordinateur. Dans le cadre du contrat de rivière de l’Asse et grâce à des finance-ments de l’Agence de l’eau et du conseil régional SUD Paca, deux types de sondes sont testés cette année dans la vallée de l’Asse sur des parcelles de betterave semence, maïs semence et tourne-sol semence : les capteurs de l’en-treprise Weenat et les monitors R2 DX d’Agroressources.
Les sondes Weenat sont reliées sans fil au réseau Internet et peu-vent donc être consultées, indivi-duellement, sur un smartphone. Pour les Monitor R2-DX, les sondes tensiométriques sont reliées via des câbles électriques à une cen-trale d’acquisition consultable via le réseau téléphonique et donc également sur smartphone. La moitié des parcelles ont aussi été équipées de pluviomètres connectés, ce qui permet d’avoir en parallèle des données de précipitations, des doses d’irriga-tion, d’humidité et de température de l’air.

Précis et facile d’accès

C’est précisément le cas au GAEC Paul, installé à Bras-d’Asse. Exploitant 250 ha pour moitié au sec sur le plateau de Valensole, et pour l’autre moitié irriguée dans la vallée de l’Asse, Gilles, Nicolas et Sylvain Paul cultivent du lavandin, de l’orge et du maïs de consommation, ainsi que des semences (luzerne, colza, betterave, sauge). Un kit complet incluant trois paires de tensiomètres et une station météo de marque Weenat a été installé sur une parcelle de betteraves semence. « Les sondes sont enterrées à 30 et à 60 cm. L’application, à laquelle nous pouvons accéder via notre tablette, permet de visualiser le niveau d’asséchement du sol, mais nous indique également quand et comment arroser », indique Nicolas Paul. Et surtout, « cela permet de nous affranchir de la nécessité d’effectuer les relevés manuellement, qui peut décourager les agriculteurs d’installer les sondes. Là, les relevés sont effectués en continu et où qu’on soit, on n’a qu’à consulter l’application pour connaître le taux d’humidité de l’air, la pluviométrie, ou encore la température de l’air et du sol », témoigne Nicolas Paul qui apprécie la facilité d’usage et le niveau de précision des options de l’application. Cette facilité d’accès à la donnée va permettre une meilleure appropriation par les agriculteurs des valeurs de tension qui vont être représentées sous forme d’une courbe. L’irrigant pourra ainsi voir si la dose apportée a été suffisante pour ré humecter le sol en profondeur par exemple.
L’année 2019 sera donc consacrée au test de ces matériels (fiabilité des réseaux, des appareils…) ; mais l’objectif est également de voir si les irrigants consultent les données, en tiennent compte ou non et si la connexion de ces tensiomètres en facilitent l’utilisation. Pour les années suivantes une consultation des sondes connectées par l’ensemble des agriculteurs de la vallée de l’Asse est envisagée. Rappelons que cette expérimentation est financièrement soutenue par la région SUD Paca et l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse. 

Conversion à l’aspersion à Sourribes

Le 4 avril dernier, la réunion de lancement de l’étude de la conversion à l’aspersion du périmètre irrigué par le canal de Thorons s’est tenue à Sourribes. Ce canal gravitaire géré par la com-mune de Sourribes et utilisé depuis au moins 1882, dessert actuelle-ment un périmètre de 30 hectares, qui comprend 32 usagers : six exploitants agricoles et 26 bran-chements individuels d’arrosage de jardins. La conversion à l’asper-sion permettra à la fois de sécuriser l’irrigation agricole sur le territoire communal et de réaliser les écono-mies d’eau nécessaires pour résor-ber le déséquilibre quantitatif sur le bassin versant du Vançon, cours d’eau caractérisé par une insuffi-sance des ressources en eau par rapport aux besoins et classé en Zone de Répartition des Eaux depuis 2015.