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Voeux du Président Esmiol : " Une année pleine de promesses "

Fidèle à la tradition, il m’est particulièrement agréable de présenter à toutes les agricultrices et à tous les agriculteurs ainsi qu’à l’ensemble des acteurs du monde rural bas-alpin, tous mes voeux de santé, de prospérité et de réussite professionnelle.

Des voeux 2018 auxquels je souhaite donner un écho particulier après une année 2017 qui n’aura épargné personne.

En effet, aux gelées du mois d’avril s’est ajoutée une sécheresse estivale comme rarement nous en avons connue dans notre département, et ce n’est, malheureusement, qu’au moment des récoltes que nous avons pu véritablement mesurer les conséquences de ces accidents climatiques sur nos productions. Si j’ajoute à cela, un contexte économique en berne et des prix agricoles tirés vers le bas, les motifs de satisfactions sont rares.
Bien évidemment, votre Chambre d’agriculture et plus particulièrement ses élus se sont mobilisés sans délai pour alerter les pouvoirs publics et enclencher les procédures de reconnaissance de calamités agricoles, afin que ceux, parmi nous, arboriculteurs, éleveurs, apiculteurs, qui ont subi les pertes les plus importantes puissent surmonter ce cap difficile.

A la sécheresse, s’est ajoutée pour les éleveurs, une campagne pastorale au cours de laquelle ils ont essuyé de nombreuses et meurtrières attaques de loups. 2017 marque un nouveau palier dans la violence, l’incompréhension et le désespoir auxquels sont confrontés nos éleveurs. Massivement et unanimement rejeté par la profession agricole, le Plan loup 2018-2023 ignore délibérément le drame qui se vit dans nos montagnes. En s'arc-boutant sur des positions technocratiques et dogmatiques, le gouvernement condamne le pastoralisme dans notre région. On est bien loin de la promesse du ministre de l’agriculture « zéro attaque ».
Clôturés à la mi-décembre, la liste des promesses issues des États généraux de l’alimentation ne manque pas d’intérêt : rémunérer plus et équitablement les producteurs, mieux intégrer la réalité des coûts de production, accompagner l’adaptation de l’agriculture, valoriser le modèle alimentaire français, contrôler davantage les exportations européennes. Elles réaffirment aussi notre souhait d’engager un plan ambitieux de transition des exploitations agricoles vers la multi-performance et en même temps une amélioration du revenu agricole.
S’agissant de la promesse du candidat Macron concernant le droit à l’erreur pour tous et la simplification administrative, espérons que cette promesse régulièrement formulée se concrétise enfin.
2018 lancera les discussions européennes pour la prochaine Pac. Présentées le 11 décembre dernier à Bruxelles, les orientations de la Commission ont reçu un accueil plutôt tiède. Son projet phare de confier plus de responsabilités aux États membres pour la mise en oeuvre de cette politique n’a d’intérêt que s’il se traduit par de réelles simplifications. La tentation d’une renationalisation de cette politique dans le contexte actuel de brexit est grande et serait très préjudiciable à notre agriculture bas-alpine.

Aussi, je souhaite que 2018 nous donne le temps nécessaire à l’action locale pour conduire avec nos partenaires une politique agricole partagée et équilibrée. Une politique agricole assumée qui nous permette de contribuer positivement à la satisfaction des enjeux économiques, alimentaires et sociétaux de notre pays.
Pour cela trois conditions doivent être réunies : restaurer la confiance pour encourager et sécuriser l’investissement, investir sur la recherche et l’innovation, défendre un modèle économique agricole qui récompense le travail et permet la réalisation de nos projets, une bonne année 2018 à tous.

Frédéric Esmiol,
Président de la Chambre d’agriculture des Alpes de Haute-Provence