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Après des paroles rassurantes, la profession attend maintenant des actes

A l’occasion de son premier déplacement dans les Alpes de Haute-Provence, le préfet de la région Paca Pierre Dartout, accompagné du ministre Christophe Castaner, a rencontré les représentants de la profession agricole.

Le 16 mars dernier, Pierre Dartout a effectué son premier déplacement dans les Alpes de Haute- Provence, accompagné du secrétaire d’État en charge des relations avec le parlement Christophe Castaner et du préfet du département Bernard Guérin.
Au programme de ce déplacement, la présentation des réalisations et des projets d’aménagements de la RN 85 entre Digne-les-Bains et Malijai (actuellement dans la phase d’enquête publique, dont le terme est prévu le 6 avril) qui, s’ils voient le jour, devraient favoriser le désenclavement de la ville préfectorale. Un projet dont le coût, qui ne cesse d’augmenter, est estimé aujourd’hui à 47,3 M€, dont 30 M€ sont inscrits au Contrat de plan Etat- Région 2015-2020.
Également à l’ordre du jour : l’Eco campus de Sainte-Tulle, financé à hauteur de 3,4 M€ par l’État.
Entre les deux, Pierre Dartout a rencontré les organisations agricoles. Une réunion organisée sur le site de la Maison de produits de pays de Mallemoisson a permis aux représentants de la profession de faire part d’un certain nombre de préoccupations durant près d’une heure.  

Plan loup

Le président de la Chambre d’agriculture, Frédéric Esmiol espérait que ce moment serait une occasion pour le ministre d’annoncer la tant espérée revalorisation des indemnisations destinées aux arboriculteurs dont les productions ont été impactées par l’épisode de gelée noire d’avril 2017. De ce point de vue-là, il aura été déçu.
En revanche très saluée par les participants à cette réunion express, la position très claire exprimée par le ministre Christophe Castaner sur le Plan loup. « Le ministre a annoncé que le Plan loup et le plan de régulation des sangliers n’étaient pas adaptés aux difficultés que rencontrent les éleveurs aujourd’hui. J’ai trouvé qu’il y avait longtemps qu’un discours aussi clair n’avait pas été prononcé », s’est réjoui Frédéric Esmiol. « Evidemment, après les paroles, il faut à présent qu’il y ait des actes et que ce soit entendu au niveau national pour que soient mises en place des actions de régulation plus conséquentes ». « Ça fait plaisir d’entendre qu’il n’est pas d’accord avec le Plan loup. On a enregistré. Maintenant, il est clair qu’il faut le modifier. Il connaît très bien le problème puisqu’il a été président du Groupe national loup et il reconnaît qu’aujourd’hui, 40 loups pouvant être prélevés, ça ne compense pas la natalité des loups puisqu’ils colonisent deux départements par an », s’est également félicité le président de la FDSEA 04 Jean-Paul Comte.

Surfaces pastorales

Concernant la menace de voir un certain nombre de surfaces pastorales dites « peu productives » exclues de l’éligibilité aux aides Pac, « on les a alertés pour que ces DPB soient préservées et que ces zones pastorales soient sanctuarisées », a noté Pierrick Horel, président de JA 04. Sur l’ensemble des sujets abordés, le président des JA 04 se montre réservé. « Ils nous ont écoutés, je ne sais pas s’ils nous ont entendus. On verra bien où cela nous mène ». « Ils nous ont entendus mais il ne faut pas qu’ils nous oublient. Si la suppression du prorata dans les parcours et les zones boisées s’ajoute au problème du loup, c’est la fin de l’élevage ovin et bovin. Il ne faut pas qu’ils oublient qu’on est en zone méditerranéenne et qu’on a besoin de la transhumance régionale pour survivre », s’est également inquiété Francis Solda, représentant la FROSE (Fédération régionale ovine du sud-est). Côté Confédération paysanne, le porte-parole Yannick Becker s’est exprimé sur la question du non renouvellement du budget consacré au droit au répit des agriculteurs au motif d’épuisement professionnel. « Ça les a interpellés et ils m’ont demandé de faire passer des éléments. Si ça remonte rapidement, on a des chances que ça passe. Ça peut être bien », a-t-il commenté.

Christophe Castaner s’est positionné sur un certain nombre de sujets abordés lors de la réunion

Gestion de l’eau : « Nous avons abordé la gestion de l’eau et des spécificités méditerranéennes, des situations structurelles comme le gel, la sécheresse, des phénomènes climatiques auxquels il faudra faire face. Il faut transformer en profondeur notre agriculture, organiser nos filières par rapport à ces phénomènes-là ».

Pac : « C’est un vrai échec au niveau des paiements. Alors même que la PAC passe en quelques années de 20 M€ à 30 M€ pour le seul département des Alpes-de-Haute-Provence, il est insupportable que l’on ait encore des aides PAC de 2015 non payées ».

Zones défavorisées : « La cartographie des zones défavorisées exclut les Mées. J’ai plaidé pour que cette commune puisse être réintégrée dans la carte et je pense que nous devrions y arriver ».
Classement en ZRE du bassin versant du Jabron : « Les agriculteurs ne comprennent pas et j’avoue moi non plus ne pas comprendre ».

Plan loup : « On voit bien que l’évolution du rapport au loup, qui a changé ces dernières années, notamment avec un nombre de loups prélevé plus élevé, ne règle pas le problème du nombre d’attaques, au contraire. Et le Plan loup apparaît comme un retrait sur ces sujets. Nous avons donc échangé, y compris pour faire remonter par le préfet, mais aussi par moi, le besoin d’adaptation et peut-être de renforcement encore des moyens de protection des troupeaux. Et le fait d’autoriser les éleveurs et les chasseurs à pouvoir, dans certaines circonstances, tuer des loups me semblerait aller dans le bon sens ».