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ELEVAGE : La première baignoire mobile d’Europe !

Les premiers tests du nouveau dispositif du GDS 13 pour traiter les brebis contre les parasites externes sont concluants.

Depuis quelques années, on observe une recrudescence des parasites externes, la gale en particulier, dans les élevages ovins du département des Bouches-du-Rhône et de sa région. Auparavant, pour éradiquer cette maladie contagieuse, la plupart des éleveurs étaient équipés de baignoires  en dur, qui leur servaient à traiter efficacement les brebis sur leur exploitation. Avec l’enrayement progressif de la maladie, ces équipements, lourds et contraignants, ont progressivement disparu. Dans le même temps, l’efficacité des traitements par voie injectable s’est améliorée. Cependant, le retour plus ou moins régulier de la gale ovine, et des cas répétés de contamination, a conduit le Groupement de défense sanitaire (GDS) des Bouches-du-Rhône à se mobiliser.
“Il était nécessaire de trouver une solution efficace et durable, afin que l’ensemble des adhérents du GDS puisse avoir une possibilité de traiter rapidement leurs animaux avant la montée en alpage”, explique Rémy Benson, le président du GDS.

Fabrication espagnole
L’année dernière, l’idée de concevoir une baignoire mobile est née. Le GDS s’est rapproché de la coopérative, Agneau soleil, pour travailler la question. Comme l’explique Sylvain Béhéty, le responsable technique de la coopérative, il était indispensable d’étudier la conception d’un outil qui serait le plus adapté aux éleveurs du département. C’est avec un fournisseur de matériels d’élevage ovin, basé en Espagne, que le projet s’est construit. La société Javier Camara dispose d’une ligne de fabrication standard, et d’une ligne de fabrication manuelle lui permettant de réaliser ce type de prototype. 
“Nous travaillons déjà avec ce fabriquant sur du matériel ovin plus conventionnel, des couloirs de contention, des tapis roulants, pour porter et manipuler les brebis. Du matériel diffusé auprès des éleveurs par l’intermédiaire du GDS. Là, nous avons pu élaborer ensemble, à partir d’une simple photo de baignoire utilisée dans les élevages d’Afrique du Sud, quelque chose de plus innovant”, explique Sylvain Béhéty.
Aujourd’hui, le projet s’est concrétisé. Le GDS dispose d’un prototype de baignoire conçu par la société espagnole. La fameuse baignoire mobile est tractable avec un 4x4. Sa capacité de 5 000 l lui permet de baigner les brebis n’importe où, à condition d’avoir de l’eau à proximité pour remplir régulièrement la baignoire.

Louée 150 € les trois jours
Des premiers essais, très concluants, ont eu lieu mercredi 24 mai du côté de Tarascon. Pour le GDS, l’idée est maintenant de louer la baignoire aux adhérents, via un planning de réservation, au prix de 150 € pour trois jours. La baignoire sera opérationnelle à l’automne.
Les éleveurs du département sont les premiers en Europe à disposer d’un équipement aussi innovant.
Dans son rôle sur la prévention sanitaire, le GDS des Bouches-du-Rhône est très investi. En finançant, sur ses fonds propres (et avec le soutien du Département), ce nouveau dispositif, il facilitera un peu plus la vie des éleveurs ovins. Sa démarche souligne aussi, s’il fallait le démontrer, que dans le département, le métier d’éleveur ovin s’est modernisé, et n’a rien à envier aux pays les plus à la pointe sur l’élevage ovin.

“Au delà de régler une problématique sanitaire, et d’intervenir ponctuellement, même en urgence selon les situations sanitaires, cette machine mobile est aussi un outil de partage”, souligne Sébastien Attias, le directeur du GDS. 
Dans le département des Bouches-du-Rhône, environ un tiers des éleveurs est susceptible d’être utilisateur régulier de la baignoire. En France, quelques GDS pourraient être séduits par la baignoire mobile. Le dispositif pourrait intéresser les éleveurs des départements alpins, ou de zones d’élevages qui comptent beaucoup d’éleveurs herbassiers, comme dans le Var. “La solution de la baignoire mobile est simple d’utilisation, et sa mise en place est rapide”, rapporte Rémy Benson. “Avec du matériel de contention, on peut même démarrer dans un pré.” Il faut simplement de l’eau à proximité. 

Les brebis accèdent à la rampe qui les conduit à la baignoire mobile.
Sylvain Béhéty, le responsable technique de la coopérative qui a travaillé sur la conception du dispositif.
Sébastien Attias à la manœuvre pour accompagner les premières brebis un peu hésitantes à la descente du bain.
Dans le département des Bouches-du-Rhône, environ un tiers des éleveurs est susceptible d’être utilisateur régulier de la baignoire.
 

 
Rémy Benson, président du GDS

“Répondre aux attentes éleveurs”
“Nous sommes vraiment satisfaits de l’investissement du GDS. Au plan technique, il y a certes quelques petits réglages à ajuster. La sortie du bain est, par exemple, à améliorer. Pour offrir un meilleur appui aux brebis, un tapis antidérapant peut régler le problème. Il est aussi possible de modifier la pente. Le GDS a choisi d’investir dans cette solution pour répondre à l’attente des éleveurs. La location de la baignoire mobile permettra de couvrir les frais, l’usure du matériel, la casse éventuelle, etc. L’objectif n’est pas de faire du bénéfice, mais d’apporter une solution sanitaire fiable aux adhérents du département. Aujourd’hui, beaucoup d’éle- veurs  ne sont pas propriétaires de leurs terres, et ne peuvent pas investir sur une location annuelle dans une baignoire en dur, qui coûte entre 8 et 10 000 euros. ”

 
Traiter 400 brebis à l’heure

L’outil vaut 25 000 euros, mais le dispositif est assez simple dans sa conception. Un assemblage de tôles scellées entre elles accueille une baignoire à laquelle les brebis accèdent par une rampe. Avant d’en sortir, elles avancent dans un bain de huit mètres de long. L’objectif est de les faire plonger dans un mélange d’eau et de produit antiparasitaire chargé de nettoyer les muqueuses des animaux. Un égouttoir et un bac permettent de récupérer les jus lorsque les brebis descendent du bain. Ces effluents seront traités et récupérés par un prestataire externe. La baignoire est conçue pour traiter environ 400 brebis à l’heure et offre un traitement complet contre un large spectre de pathologies. Chaque brebis reste en moyenne environ 20 secondes dans le bain. Pour accompagner l’opération, comme dans une baignoire traditionnelle, cinq ou six opérateurs sont nécessaires. L’équipe peut, par exemple, être composée de trois personnes autour de la baignoire et de deux à trois personnes pour faire monter les brebis sur la rampe d’accès et les faire avancer dans le bain.


Source : Agriculteur provençal . Auteur : Emmanuel Delarue
 

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