Vous êtes ici : Accueil > Les Actualités proches de vous

Détail de l'actualité

Accéder aux flux rss de notre siteImprimer la page

Feu bactérien : l’appel au secours de la profession

La profession continue de se mobiliser pour alerter les pouvoirs publics de l’urgence de se mobiliser pour lutter contre le feu bactérien qui ravage les vergers du Val de Durance.

A quelques semaines de la récolte, l’épidémie de feu bactérien qui affecte les poiriers et, dans une moindre mesure, les pommiers des vergers des Alpes du sud continue de mobiliser la profession. Pour rappel, rien que dans les Hautes- Alpes, ce sont au moins 120 hectares de vergers qui ont dû être assainis au cours des derniers mois.

Sur ce département, la période estivale a notamment été l’occasion d’organiser plusieurs visites sur le terrain, à destination des professionnels concernés ou susceptibles de l’être, ainsi que des élus haut-alpins. Le 26 juillet, les parlementaires haut-alpins ont ainsi été conviés par la FDSEA et JA en présence de la préfète Cécile Bigot-Dekeyzer, mais aussi le SRAL (service régional de l’alimentation), la DRAAF (direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt), ainsi que la FREDON (Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles), dans la plaine de Remollon sur des parcelles touchées par cette grave maladie bactérienne contre laquelle la profession française ne bénéficie pour l’heure d’aucun moyen de lutte efficace.

Les parlementaires montent au créneau

Dans un courrier adressé au ministre de l’Agriculture Stéphane Travert, le député Joël Giraud a notamment demandé que soit examinée une autorisation de mise sur le marché pour un usage phytosanitaire de l’acide tartrique, ainsi qu’une dérogation pour l’utilisation du Bion 50WG, un stimulateur de défense naturelle commercialisé par Syngenta, efficace contre le feu bactérien et autorisé dans les autres pays d’Europe, mais interdit en France. Un problème également soulevé par la sénatrice Patricia Morhet-Richaud dans une question orale posée début août à Stéphane Travert, qui pointe le fait qu’une dérogation pour l’usage de ce fongicide ait pourtant été « accordée, en 2018, pour son utilisation contre la bactériose du kiwi » (lire encadré ci-dessous). Si la demande d’autorisation pour l'utilisation du produit sur les pommiers et les poiriers, qui a été déposée en parallèle à l’ANSES, est toujours en cours d’évaluation, le ministre parle néanmoins, au vu des premiers éléments qui ressortent de cette évaluation, « d’un risque inacceptable » pour les arboriculteurs lors de l’application de ce produit qui présenterait un potentiel de perturbation endocrinienne.

Des porte-greffes résistants

Dans l’attente, outre la promotion de moyens de prévention bien connus comme l’assainissement avec des outils soigneusement désinfectés, la profession s’intéresse de près aux variétés tolérantes au feu bactérien, notamment pour les jeunes arbres ou les arbres surgreffés, particulièrement sensibles à la bactérie. Sur ce dernier point, une visite sur le terrain organisée par la chambre d’agriculture des Hautes-Alpes a permis de mettre un coup de projecteur sur des porte-greffes B9 ou G11 qui, contrairement au M9, sont tolérants au feu bactérien.
Cette visite a également été l’occasion de bénéficier de la présence de Cindy Morris, directrice de recherche à l’INRA d’Avignon spécialisée en pathologie végétale, qui doit débuter prochainement un programme de recherche sur l’usage de phages pour lutter contre le feu bactérien, une méthode de lutte biologique consistant à utiliser des antagonistes naturels – en l’espèce des virus bactériophages – à même de détruire Erwinia amylovora.

Pourquoi l’usage du Bion 50 WG est interdit en France

Suite à la question posée par sénatrice des Hautes-Alpes Patricia Morhet-Richaud, le ministre Stéphane Travert a donné les raisons pour lesquelles l’utilisation du Bion 50 WG n’est pas autorisée en France. Si la substance active qui compose ce produit a en effet été approuvée au niveau européen en 2016, a argumenté le ministre de l’Agriculture, « cette approbation a toutefois été assortie d'une réserve à destination du fabricant, qui devait fournir des informations complémentaires avant le 1er juin 2017 concernant le potentiel de perturbation endocrinienne de la substance ». La demande d’autorisation pour l'utilisation du produit sur les pommiers et les poiriers qui a par ailleurs été déposée en parallèle à l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation) est toujours en cours d’évaluation mais, a indiqué Stéphane Travert, « les premiers éléments de cette évaluation mettent néanmoins en évidence un risque inacceptable pour l'opérateur lors de l'application sur les pommiers. Aussi, il n'a pas été possible de donner une suite favorable à la demande d'autorisation dérogatoire ».


St.M.C.