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Pascal Mailhos, nouveau préfet loup : « Je vous ai compris »

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Vendredi 5 juillet, le nouveau préfet loup est venu à la rencontre des éleveurs alpins, afin d’entendre leurs doléances face à la prédation du loup.

« En pleine journée, ma belle-fille accompagnée de mon petit-fils de 5 ans étaient allés donner à boire aux vaches. Soudain mon petit-fils se met à crier : maman il y a le loup ! Mon petit-fils sait ce qu'est le loup, il l'a déjà vu avec mon fils qui a pu le photographier. Demain, ce sont peut-être les jeunes scouts de Mélan qui risquent d'être agressés », raconte André Breissand, exploitant agricole retraité à Castellard-Mélan. Pascal Mailhos, préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes, nouveau préfet coordinateur du plan national loup et activités d’élevage écoute attentivement les premières doléances des éleveurs bas-alpins, confrontés à la prédation exponentielle du loup.
Le préfet nommé il y a neuf mois est allé, après une visite dans le Var, à la rencontre du monde pastoral alpin, dans la ferme de Jean-Paul Féraud à St-Estève dans les Hautes-Duyes. « Je suis venu rencontrer des éleveurs, écouter leurs angoisses, leurs inquiétudes, voir avec eux comment ils vivent au quotidien. C'est la démarche que j'ai adoptée », confie Pascal Mailhos. « Ces visites sur le terrain nous fournissent beaucoup de matière de réflexion. C'est comme cela qu'on arrivera à gérer le délicat équilibre entre la préservation de l'espèce protégée et le pastoralisme. Maintenir les activités agricoles comme l'élevage est indispensable sur ce territoire. Il faut qu'on soit unis pour travailler dans une même direction, mais je suis confiant et déterminé à agir. Il faut que chacune des parties concernées par cette problématique s'engage résolument : les éleveurs, les chasseurs, les louvetiers, les élus (...) Je veux incarner un Etat proche, modeste et réactif », ajoute le préfet, qui se dit « soucieux de l'équilibre des territoires et je sais qu’il faut miser sur la discussion ».

D'ailleurs avant de gagner les Hautes-Duyes, Pascal Mailhos a réuni en préfecture, autour d'une table ronde, et du préfet Olivier Jacob, tous les acteurs du dossier loup, depuis les parlementaires comme le sénateur Jean-Yves Roux, Emmanuelle Fontaine-Domeizel, députée, en passant par le président du conseil départemental, René Massette, mais aussi les représentants des éleveurs, des chasseurs, de l'Office national des forêts etc.

Le préfet loup a rappelé à cette occasion qu'une nouvelle zone de gestion a été créée pour mieux circonscrire les foyers de prédation. La procédure de demande d’aide à la protection des troupeaux et d’autorisation des tirs de défense a également été simplifiée. Enfin, et surtout le plafond de prélèvements de loups sera revu à la hausse pour l’année 2019 pour atteindre 92 unités.

Clémence Delaye : « rien ne bouge sur l'essentiel »

« On nous a annoncé une augmentation de prélèvements, mais le problème ce sont les moyens mis en oeuvre pour y parvenir », commente Clémence Delaye, éleveuse à Thoard et membre du bureau de la Chambre d'agriculture des Alpes de Haute-Provence. « Au niveau des mesures de protection, rien n'a été pris en compte. Il y a des avancées comme le nombre de loups qui doivent être abattus, mais on est encore déçus. On travaille sur des propositions et on n'a pas de retour ; notamment sur le cercle 1 ou sur les bovins. Le sentiment profond, c'est qu'on multiplie réunions sur réunions, mais sur l'essentiel rien ne bouge. Par exemple, on a demandé à ce que les chasseurs puissent tirer toute l'année : c'est refusé. Les lieutenants de louveterie sont dépourvus du matériel nécessaire pour mener à bien la chasse au loup. »

Dans la suite de l'article :

- Détresse totale
 

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