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Sécuriser les troupeaux et les usagers de la montagne

Un réseau d’accompagnement des éleveurs et des bergers concernant les chiens de protection.

Très souvent et notamment en estive, les chiens de protection représentent l’unique mesure un tant soit peu efficace pour protéger les troupeaux contre les attaques des grands prédateurs. Pour autant, la cohabitation avec les autres usagers de la montagne est loin d’être facile. La thématique a notamment été abordée lors du congrès de l’ANEM (association nationale des élus de la montagne) qui s’est tenue l’an dernier à Forcalquier. Des élus locaux ont déploré la fuite des touristes qui ont eu affaire à des chiens agressifs, des bergers se sont fait prendre à partie, des randonneurs ont eu des comportements non appropriés, difficile de séparer le bon grain de l’ivraie et de vivre une cohabitation harmonieuse.

Échanger et mettre en place un réseau

A l’initiative de l’Institut de l’élevage (IDELE) soutenue par le ministère de l’Agriculture, une importante réunion s’est tenue au lycée agricole de Carmejane sur la commune du Chaffaut-Saint-Jurson. Autour de la table, une vingtaine de participants dont des éleveurs, y compris de chiens, des bergers, des chargés de mission des chambres d’agriculture, des techniciens et médiateurs de montagne. Il est apparu d’entrée que cette réunion correspondait à de réels besoins.
Le contexte de la mise en place de ce réseau a été décliné dans ses grandes orientations : protéger les troupeaux face aux attaques, aider les éleveurs, soutenir l’élevage et le pastoralisme. De nombreuses problématiques sont apparues, des cas particuliers mis en débat : manque d’efficacité, manque de retour d’expérience, situations de crise à gérer, et surtout, manque d’information.

Structurer et améliorer l’accompagnement

Le plan national d’actions 2018- 2023 sur le loup et les activités d’élevage a dressé une stratégie pour renforcer la protection des troupeaux. Dans un premier temps, il s’agira de poursuivre le déploiement des mesures de protection renforcées par l’accompagnement technique des éleveurs, un « réseau chien de protection » avec des référents. Un observatoire de l’efficacité des moyens de protection sera mis en place avec notamment une brigade mobile de bergers.

Une expérimentation a été faite au parc du Mercantour et de la Vanoise. Enfin, l’information sera développée avec des recommandations auprès du grand public. Les chiffres montrent que les recours aux chiens de protection en Région, essentiellement 04, 06, 83, 26 ont progressé. Au moins 1 002 « forfaits entretien chiens » avaient été financés par l’Etat en 2014, contre 2 153 en 2017. La finalité est de « structurer et améliorer l’accompagnement des éleveurs et des bergers » avec leur animal à travers des formations collectives et des appuis individuels. Intervention d’un berger. « Et nous ? Ce sont nous qui sommes insultés par les touristes »

Pour les orateurs, « le but est que le chien fonctionne. On ne peut traiter tous les comportements déviants, il ne s’agit que de conseils, pas de donner des ordres. Nous devons mettre les atouts sur l’éducation du chien. Le réseau est mis en place par les éleveurs et pour les éleveurs en partant des expériences et des savoir-faire ». Longs échanges à propos de la fréquence des formations : « au moins une fois par an ». Les éleveurs sont demandeurs, « il faut de bons relais d’infos, on peut imaginer à terme différents niveaux de stage ». Ces formations s’adresseront aux éleveurs et aux bergers déjà usagers ou non de chiens, pour comprendre les comportements animaux, bien choisir son chien et savoir le gérer. D’autres formations sont envisagées pour les guides, responsables de clubs d’activités de pleine nature, médiateurs de l’espace pastoral. Les « formations tests » déjà réalisées ont obtenu des retours positifs. Un guide de l’utilisateur du chien de protection a été remis à chaque participant.

Ce réseau national est structuré autour d’une animatrice de l’Institut de l’élevage, des référents nationaux appuyés par des relais locaux. Il est complété par un accompagnement technique aidé financièrement dans les zones éligibles. Comment devenir une structure relais, obtenir une formation, identifier la meilleure race, interpréter le comportement naturel d’un chien, combattre les idées reçues ?... Autant de points qui ont été mis en débat.

Jean Banner